Regards de réalisatrices - De la page à l'écran
Putain de vie
In This Tricky Life
En la puta vida
Beatriz Flores Silva, Belgique, Uruguay, Espagne, Cuba 2001
Drame, Comédie
« C’est l’histoire de quelqu’un qui voyage de l’Uruguay vers l’Europe pour exercer la prostitution, c’est quelqu’un qui tombe dans les filets d’un réseau de trafic de femmes (…) Je suis partie d’une histoire réelle » – Beatriz Flores Silva[1]
- Réalisation :
- Beatriz Flores Silva
- Année :
- 2001
- Pays :
- Belgique, Uruguay, Espagne, Cuba
- Interprètes :
- Mariana Santangelo, Silvestre, Josep Linuesa
- Film Format :
- couleur
- Durée :
- 100'
Beatriz Flores Silva (1956-) est une réalisatrice, scénariste et productrice belge d’origine uruguayenne. Arrivée à Bruxelles en 1982, elle suit des études en réalisation à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion). Elle co-fonde la maison de production « AA. Les Films Belges » et la maison de production uruguayenne « BFS Producciones ». Elle a été également fondatrice et directrice pédagogique de l’École de cinématographie d’Uruguay en 1995 et 1996, et a créé un atelier de direction d’acteurs et d’acting pour le cinéma et la télévision « Atelier d’acting », y animant plusieurs cours.

Elle ne dirige que quatre longs métrages, La historia casi verdadera de Pepita la Pistolera (1993), En la puta vida (2001), Polvo nuestro que estás en los cielos connu sous Masángeles (2008), et participe au film à sketches Les Sept Péchés capitaux (1992) réalisé en collaboration avec ses camarades de l’IAD Frédéric Fonteyne, Yvan Le Moine, Geneviève Mersch, Pierre-Paul Render, Oliviers Smolders et Pascal Zabus et qui met en scène l’acteur Hollywoodien Robert Mitchum.
En la puta vida raconte l’histoire d’Elisa, une jeune mère vivant à Montevideo et ayant pour rêve d’ouvrir son salon de coiffure. Pour trouver les fonds nécessaires à son entreprise, elle se tourne vers la prostitution. Elle rencontre alors Placido, un beau parleur qui va lui faire miroiter une vie meilleure à Madrid, où elle va cependant tomber dans l’exploitation la plus totale… Flores Silva se base sur une histoire vraie pour réaliser son film. « En 1992, on a découvert qu’il existait un réseau de trafiquants de femmes uruguayennes à Milan. Il y a eu un procès qui a démontré l’implication de la police uruguayenne dans le trafic. Ce qui a provoqué un scandale à Montevideo »[2].
La journaliste uruguayenne Maria Urruzola publie également un livre à ce sujet, El huevo de la serpienta (1992)[3], qui servira de base au scénario de En la puta vida. Le film connaît un grand succès en Uruguay - et fut proposé pour représenter le pays à la 74e Cérémonie des Oscars (2002) dans la catégorie de meilleur film en langue étrangère[4], sans pourtant être retenu.
Malgré son ancrage en Uruguay, la grande humanité qui se dégage du film évoque le travail d’autres cinéastes belges qui filment vrai et à hauteur de l’humain. Le montage est d’ailleurs réalisé par Marie-Hélène Dozo, collaboratrice des frères Dardenne depuis La Promesse, mais aussi monteuse des films de Bénédicte Liénard, Mary Jimenez, Benoît Dervaux ou Dorothée Van Den Berghe.
[1] J.-M. VLAEMINCKX, « Entrevue avec Béatrice Flores Silva », [En ligne] Cinergie.be www.cinergie.be
[2] Ibid.
[3] SAGA FILMS. Putain de vie, [En ligne] www.sagafilm.be
[4] s.n., « ‘En la puta vida’ al Oscar – ’25 Watts’ al Goya 2002”, [En ligne] www.proyecto2020.um.edu.uy










