« Le sujet, c’est la relation entre une femme et son imaginaire sexuel. Pour Nathalie, l’image patiemment rêvée, patiemment reconstituée de Florence, ordonne, détermine tous ses fantasmes. Au point que les deux personnages finissent par ne plus en constituer qu’un seul. Le langage cinématographique est appelé à traduire cette perpétuelle confusion » – Mary Jimenez[1]
- Réalisation :
- Mary Jiménez
- Année :
- 1981
- Pays :
- Belgique
- Interprètes :
- Lucinda Childs, Carole Courtoy, Anne Guerin
- Film Format :
- couleur
- Durée :
- 103'
- Versions :
-
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Mary Jimenez (1948-), est une réalisatrice d’origine péruvienne. Elle quitte son Pérou natale pour venir s’installer en 1973 à Bruxelles, où elle se forme à la réalisation à l’INSAS (Institut Supérieur des Arts). Après une formation d’architecte à Lima, elle expérimente plusieurs disciplines, dont la photographie, pour finalement se décider sur le cinéma, inspirée par un rêve[2] . Elle gardera néanmoins un lien avec la photographie, l’enseignant à l’école des Beaux-Arts de Lausanne. Elle réalise plusieurs longs-métrages, certains à tendance autobiographiques, dont Du verbe aimer (1984) et Loco Lucho (1998). Et à partir de 2013, elle collabore avec la réalisatrice Bénédicte Liénard sur des projets en lien avec le Pérou et l’Amazonie tels Sobre las Brasas (2013) ou Sous le nom de Tania (2019).

21 : 12 Piano Bar, réalisé en 1981, est son premier long-métrage. Nathalie, musicienne jazz dans un bar, apprend le décès de Florence, une parfaite inconnue, par automutilation. Fascinée par sa mort, Nathalie mène l’enquête dans le but de découvrir qui était Florence, et les raisons de son suicide. Elle y découvre le monde du plaisir par la douleur, le tout plongé dans une esthétique sous-exposée, procédé voulu par Jimenez, et exécuté par Michel Houssiau, directeur de la photographie – qui travailla également avec les jeunes cinéastes de l’époque, Chantal Akerman et Samy Szlingerbaum.
Pendant deux ans le film circule uniquement en festivals, avant de sortir en salle en 1983. Malgré son Grand Prix de la confédération Internationale des Cinémas d’Art et d’Essai au Festival du Jeune Cinéma de Hyères en 1981, les avis sur le film sont très clivants. Certains y voient une œuvre trop intellectuelle et formelle[3], voire morbide et artificielle[4], d’autres y voient un film d’auteur aussi différent que fascinant[5] et même passionnant[6]. Pour Mary Jimenez, ce clivage est dû à la violence qu’elle présente dans le film : « Dans Piano-Bar, elle est montrée à l’état pur et en relation avec le désir, sans justification, ce qui a fort gêné les gens …. Mon film montrait à quoi on peut arriver quand on va au bout de ses pulsions »[7].
[1] M.G., “On tourne à Bruxelles Paysage de Florence”, z.t., z.d.
[2] M.JIMENEZ, Cinergie, [Online] Cinergie.be, www.cinergie.be;
[3] Ph. LAMENSCH, “Piano Bar : Hors champs, hors normes” – Télémoustique, 25 april 1983.
[4] R. MICHELEMS “21:12 Piano Bar”, in M. THYS, Belgian Cinema – Le
Cinéma belge – De Belgische cinema, Ludion – Koninklijke Cinematheek van
België, Gent-Amsterdam – Brussel, 1999, p. 653.
[5] L.D., “Surface sensible”, Le Vif, 2 april 1983.
[6] L.D., “Surface sensible”, Le Vif, 2 april 1983.
[7] L. HONOREZ, “Le piano-bar de la mémoire résonne dans le nouveau film de Mary Jimenez”, Le Soir, 17 augustus 1983.






















