Avant-garde - Belgique
Monsieur Fantomas
Mr Fantomas
Monsieur Fantômas
Ernst Moerman, Belgique 1937
Muet, Court, Expérimental
« Tous ceux qui, comme on se rappelle un rêve, ont conservé des aventures du célèbre bandit, le souvenir d’une épopée plus irréelle qu’incohérente, retrouveront dans ce film, poussée au-delà des limites de l’invraisemblable, la très poétique absurdité d’une histoire dont les images les transporteront, pendant une demi-heure, dans un autre monde » – Ernst Moerman (La Gazette, 8 septembre 1937)
- Réalisation :
- Ernst Moerman
- Année :
- 1937
- Pays :
- Belgique
- Interprètes :
- Trudi Van Tonderen, Jean Michel, Jacqueline Arpé
- Film Format :
- NB
- Durée :
- 20'
- Version :
- ST : NL
Ernst Moerman (1887/1897 – 1944) est un poète et cinéaste belge. Marqué par sa lecture des 35 volumes des aventures de Fantômas, héros de Souvestre et Allain, Moerman réalise son seul et unique film en 1937, intitulé Monsieur Fantômas, qu’il qualifie de « 280 000ème chapitre » de l’histoire de son héros. Héros d’ailleurs interprété par « Jean-Michel », qui est le pseudonyme de Léon Smet, père du célèbre Johnny Hallyday.

Riche en références au mouvement surréaliste, Moerman intègre dans son film le recueil de poèmes de Paul Eluard, Capital de la douleur, et évoque fréquemment les motifs du célèbre peintre surréaliste Magritte – dont le chapeau melon – que l’on aperçoit d’ailleurs, à la fin du film, en train de réaliser son tableau Le Viol (1934)[1]. A cela s’ajoute la côte belge, chère aux cinéastes belges, en particulier ceux proches du surréalisme et qui occupe une place prééminente dans le court métrage.
En plus d’être à hommage à son héros littéraire, Monsieur Fantômas est une œuvre qui se veut parodique, anticléricale[2] et complétement onirique. « C’est avec ce monde recréé que j’ai tenté d’établir une communication ; il y règne une réalité surnaturelle où chaque objet, devenu visible, a trouvé sa vraie lumière, son éclairage vital, pendant que chacun des objets qui l’entourent, confronté soudain avec lui, dépouillé de la housse que des siècles d’habitudes ont déposée sur lui, cesse d’être invisible pour nous révéler sa beauté méconnue » (Ernst Moerman, Le Rouge et le Noir, 29 septembre 1937).
[1] RUBIN DE CELIS, S., « One Time Magic : The Film Adventures of Ernst Moerman and Henri d’Ursel”, Experimental Conversations 7, 2011. [En ligne] www.experimentalconversations.com; SMOLDERS, O., “Cinéma et surréalisme en Belgique », Textyles. Revue des lettres belges de langue française 8, 1991, p. 275.
[2] DAVAY, P., Cinéma de Belgique, Duculot, Gembloux, 1973, p. 115 ; THOMAS, P., Un siècle de cinéma belge, Quorum, Ottignies, 1995, p. 49.














