« Une étrange vitrine habitée par une fille qui fracasse la fenêtre se libère et étouffe ». – Patrick Hella
- Réalisation :
- Patrick Hella
- Année :
- 1974
- Pays :
- Belgique
- Interprètes :
- Marie-Paule Mailleux, Louis Lenglet
- Film Format :
- couleur
- Durée :
- 7'
Patrick Hella est un cinéaste et directeur de casting belge. Il suit des études de cinéma à l’INRACI (devenu aujourd’hui l’HELB) et débute en tant qu’assistant réalisateur sur des courts métrages puis réalise à son tour des courts expérimentaux : Les Sables (1965), Ole Coltrane (1966), Les Caméléons (1967) – qui fut sélectionné pour le festival EXPRMTL à Knokke –, La Tête froide (1969), Légendes et Châteaux (1971), La Fille dans la vitrine (1972).

Durant ces années il représente avec, entre autres Roland Lethem, Noël Godin, Jean-Marie Buchet, David McNeil, tous bruxellois comme lui et de la même génération, « un cinéma “ provoc ” (...) un cinéma de l’irrévérence, de l’iconoclasme, de l’insulte, de la dérision, de la provocation gratuite, qui bouscule directement l’ordre établi, ses valeurs, ses conventions, ses fondements. » (Grégory Lacroix)[1]. Il se dirige ensuite vers le documentaire dans les années 1990, sans se défaire de son style et des thématiques qui lui sont chères: « de ses premiers films manifestement sadiens (les thèmes du lieu clos, du corps humilié et détourné, de la contre société et de la transmutation sont récurrents) aux documentaires des années 1990, c’est bien le morcellement qui guide son travail »[2]. Dans les années 1980, il devint directeur de casting et crée Hella Casting, agence en Belgique pour le cinéma, le théâtre et la télévision.
La Tête froide ayant marqué les esprits lors de sa présentation au festival de Cannes, Hella trouva une structure de production pour réaliser le double documentaire sur des sorcières Légendes et Châteaux (1971). Il reviendra ensuite au genre expérimental avec La Fille dans la vitrine et représentatif du mouvement auquel il appartenait ces années-là, qui contrastait avec le cinéma belge plus sérieux et porté jusqu’à présent par des Charles Dekeukeleire, Paul Haesaerts ou Paul Meyer. « C’est avec un ras-le-bol du sérieux que les cinéastes provoc’ en viennent à faire des films, éprouvant le besoin de rire, de respirer, de déconner – de vivre. De sa brève mais intense existence, cette mouvance provoc’ est principalement animée par une dizaine de jeunes qui se connaissent tous et s’entraident ponctuellement en participant à des titres divers aux films des autres : Roland Lethem, Noël Godin, Jean-Marie Buchet, Philippe Simon, David McNeil, Jean-Pierre Bouyxou, Patrick Hella, Robbe De Hert, Julien Parent, Michel Laitem, principalement. Issus de la même génération (celle du baby-boom), ils sont tous âgés d’environ 20-25 ans au milieu des années 1960 lorsqu’ils réalisent, avec des moyens dérisoires, leurs films tantôt légèrement provocateurs, tantôt radicalement irrévérencieux ou anarchistes. »
[1] Séance “Forbans belges”, la Cinémathèque française, [Online] www.cinematheque.fr
[2] D. TOMASOVIC in Dic doc, le dictionnaire du documentaire, p.225















