Restored

Avant-garde

Ongeduld
Impatience

Charles Dekeukeleire, Belgique 1928

Muet, Court, Expérimental

« Ne pouvant réaliser Halewyn, je méditais de réaliser cette course à la fois plastique, psychologique et poétique, sous une forme personnelle, éminemment moderne et… à la portée de mes moyens. D’où, l’idée d’une randonnée en motocyclette, lequel engin, comme vous l’avez compris, ne fut pour moi qu’une riche possibilité dynamique ». – Charles Dekeukeleire[1]

Impatience

Réalisation :
Charles Dekeukeleire
Année :
1928
Pays :
Belgique
Interprètes :
Yonnie Selma
Film Format :
NB
Durée :
36'
Version :
ST : FR

Info film

Scénario :
Charles Dekeukeleire
Genre  :
Muet, Court, Expérimental
Format original :
35mm

Info restauration

Projet :
NextGenerationEU
Année de restauration :
2025
Preservation Digital :
Restoration Digitale – 2K
Info restauration :
Le film Impatience (1928) de Charles Dekeukeleire a été restauré en 2025 par la Cinémathèque royale de Belgique – CINEMATEK avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les travaux ont été effectués à partir du négatif original 35 mm conservés dans les collections de la Cinémathèque royale de Belgique, où le film a été numérisé en 2K.

Charles Dekeukeleire (1905-1971) est un réalisateur, critique et écrivain belge. Après avoir réalisé quatre films d’avant-garde dans sa jeunesse, Dekeukeleire se tourne définitivement vers le documentaire jusqu’à la fin de sa vie, réalisant près d’une centaine de films. Il aussi été critique de films pour une série de revues spécialisées et a été le correspondant belge (1932-1933) pour « France-Actualités » dirigé par Germaine Dulac. Il est auteur de plusieurs livres, dont Réforme du cinéma (avec Paul Werrie et Willem Rombauts, 1932), L’Émotion sociale (1942), Le Cinéma et la pensée (1947). Il a également travaillé pour la télévision publique belge aussi bien francophone que néerlandophone. Lauréat du prix Edmond Picard en 1935, il est qualifié comme « le grand précurseur et inventeur de l’art cinématographique dans ce pays » [2] par Henri Storck.



Deuxième film de Dekeukeleire – toujours dans la veine expérimentale et d’avant-garde –, Impatience présente quatre éléments principaux : « la montagne, la moto, la femme, blocs abstraits », comme indiqué par le carton d’introduction du film. Ces quatre éléments vont se mélanger dans une succession de plans rythmés d’une durée précise, en une diversité de combinaisons possibles et abordant des thèmes comme la fragmentation et l’érotisme[3]. Le film est parfois rapproché à celui de Dudley Murphy et Fernand Léger, Ballet mécanique (1924)[4].

Les conditions de tournage sont similaires à celle de Combat de Boxe : la chambre de Dekeukeleire est transformée en studio, avant de se rendre compte que la moto ne pouvait pas être montée à l’étage, ce qui força l’équipe à descendre tout le plateau un étage plus bas. Mais contrairement à Combat de Boxe, Impatience est assez mal reçu par le public. Trop long, sans histoire[5], provoquant même des rires lors de sa première, au ciné-club d’Ostende. Cependant, d’autres y voient une volonté de « se libérer avant tout de la tyrannie du plan et de ses quatre côtés, c’est-à-dire d’un cadre »[6].


[1] FLOUQUET, « En dessinant Charles Dekeukeleire », Aurore (Paris), 22 avril 1929.
[2] H. STORCK, « Charles Dekeukeleire, précurseur méconnu », Revue belge du cinéma 1, 1982, p. 5.
[3] Ph. DUBOIS, « Charles Dekeukeleire ou l’impatience du cinéma », Revue belge du cinéma n°1, 1982, p. 44.
[4] Ph. DUBOIS, p.43 ; K. THOMPSON, « (Re)discovering Charles Dekeukeleire”, Millenium Film Journal n°7/8/9, 1980/1981, p. 119.
[5] F. LABISSE, « Pour disculper ceux qui rièrent », Le Carillon, 20 mars 1929.
[6] J.-M. AIMOT, « Deux films de Charles Dekeukeleire », Le Soir (Paris), 28 juin 1930.