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CINÉMA MUET

DIE AUSTERNPRINZESSIN

(La princesse aux huîtres) Ernst Lubitsch, 1919 Avec musique de Peter Vermeersch & de la Flat Earth Society
prix 15 €

En 2005, Peter Vermeersch composa sa propre partition pour ce film classique d'Ernst Lubitsch, Die Austernprinzessin (La princesse aux huîtres, 1919), à la demande du Festival International du Film Flandre-Gand. L'exécution par les musiciens de la Flat Earth Society était un grand succès, ce qui occasionna une série de représentations live en Belgique et à l'étranger, ainsi que cette édition DVD, en collaboration avec la Cinémathèque royale. Comme bonus au film de Lubitsch, vous trouverez le court reportage cycliste Douzième grand prix de Brasschaat 1932 (Jules Van Volxem) pour lequel Peter Vermeersch composa également sa propre musique en 1998.

Quaker, un magnat de l'huître, a obtenu dans la vie tout ce qui peut s'acheter avec de l'argent. C'est un parvenu satisfait. Sa fille Ossi ne l'est pas. Elle veut un mari, le plus vite possible, et au moins un prince. Par l'intermédiaire de Seligson, un agent matrimonial, le choix se porte sur Nucki, un prince tombé bien bas, buveur notoire, pique-assiette et noceur. Nucki demande à son domestique d'examiner la proposition de mariage et chamboule ainsi indirectement toute l'entreprise. Une satire pétillante de Lubitsch sur la bourgeoisie américaine du début du siècle passé, sur une musique de Peter Vermeersch et de la Flat Earth Society.

Régie Ernst Lubitsch | Scénario : Hanns Kräly & Ernst Lubitsch | Décors : Rochus Gliese & Kurt Richter | Photographie : Theodor Sparkuhl | Directeur technique : Kurt Waschneck

Distribution Victor Janson | Ossi Oswalda | Harry Liedtke | Julius Falkenstein | Max Kronert | Kurt Bois

Ernst Lubitsch et La princesse aux huîtres

Ce sont principalement les films de la dernière décennie de la carrière d'Ernst Lubitsch qui soutiennent sa réputation auprès des cinéphiles. Ninotchka est un incontournable, avec une performance mémorable de Greta Garbo, ou encore Le ciel peut attendre, où la satire est tempérée par une pointe de nostalgie. Rendez-vous était unanimement apprécie aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, et sa réputation s’est encore renforcée depuis sa ressortie il y a quelques vingt ans. Jeux dangereux, à l'époque controversé et déficitaire, est sans doute aujourd'hui le plus connu de ses films.

L'aventure américaine de Lubitsch débute en 1922, quand Mary Pickford invite le réalisateur berlinois aux Etats-Unis, à la suite du succès international du grand drame historique Mme Dubarry, succès qui ne fut pas égalé par son adaptation américaine. La collaboration avec Mary Pickford échoua, et d'autres films dans le genre 'sérieux' ne connurent que peu de réussite. Apparut alors la Warner, petit studio à l'époque qui n'hésita pas à offrir un contrat de quatre ans au réalisateur. Ce fut le vrai début du parcours américain de Lubitsch, marqué par cinq comédies de mœurs corsées, connues sous le nom de Comédiennes. Un début réussi du point de vue commercial et critique. L'avènement du cinéma sonore ne semble pas avoir perturbé Lubitsch, qui poursuivit sa carrière outre-atlantique avec de nombreux succès.

Lubitsch avait débuté comme acteur en 1911 dans une des troupes de théâtre berlinoises de Max Reinhardt, ce qui a certainement stimulé sa sensibilité pour le décor, la lumière, le mouvement et la fantaisie – tous les moyens qu'il utilisera plus tard pour échapper au naturalisme lourd qui domina la scène allemande. Entre-temps, le cinéma allemand quelque peu amorphe jusque-là prend corps avec des adaptations comme Der Andere et L'étudiant de Prague. A la même époque – nous sommes en 1913 – l'acteur Lubitsch passe avec bonheur du théâtre au cinéma comique. Peu après, il réalise une série de courts métrages. Dans son premier film à trois bobines – Pinkus – qui, dans plus d'une scène, semble être une version primitive de Rendez-vous, il ajoute une dose d'érotisme sous-jacent au ton généralement cynique et burlesque, ce qui deviendra très vite sa signature. Si les grimaces de l'acteur Lubitsch renvoient plutôt à une esthétique plus ancienne, la mise en scène montre déjà qu'il est en train de devenir le meilleur réalisateur allemand de cette période.

La princesse aux huîtres de 1919 est – aussi selon l'estimation postérieure de Lubitsch – une de ses trois meilleures comédies allemandes. L'histoire d'un roi de l'huître américain qui cherche à marier sa fille est très clairement une satire des nouveaux riches. Caricature grossière servie par une mise en scène raffinée, l'histoire est suffisamment simple que pour en apprécier les décors et les costumes d'opérette. Ni le jeune marié, ni le père doivent se gêner de regarder par les trous de serrure, car dans cet univers, l'autorité est uniquement un prétexte – en dehors de toute morale – pour chercher à satisfaire ses propres désirs. Ce monde burlesque est mis en scène comme une fête rythmée et orchestrée avec minutie, alternant les scènes éclatantes. Les personnages d'une assemblée saoule titubent vers le spectateur et vont s'échouer l'un après l'autre et de façon symétrique, à gauche et à droite, sur les bancs d'un parc. Pendant que la princesse aux huîtres est lavée, poudrée et massée par des dizaines de femmes de chambre, nous dansons sur la rosette qui décore le marbre du sol. Et qu'est-ce qu'un mariage, sinon une occasion rêvée pour faire exécuter une chorégraphie parfaitement chronométrée par trois cents serveurs des meilleurs restaurants berlinois?

La princesse aux huîtres est tout à la fois une bénédiction et un véritable calvaire pour un compositeur : tout est déjà musique.

Peter Rotsaert

Long métrage 64'
Documentaire Douzième Grand Prix Brasschaet 1932 (Jules van Volxem, 12') avec musique de Peter Vermeersch

Langue allemand
Sous-titres français, néerlandais, anglais
Format 3:4
Cadre 1:37
Code régional PAL (region free)

dvd cover
Die Austernprinzessin15 €
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