RENDEZ-VOUS

B à Z

Mars : Boris Szulzinger

Réalisateur, scénariste, producteur, Boris Szulzinger était un touche-à-tout, mais il a surtout marqué le cinéma de genre, sous-représenté dans notre pays. Il a été l’un des premiers étudiants de l’INSAS, école de cinéma bruxelloise, a fait un stage auprès de Jean-Pierre Melville, a été journaliste aux États-Unis, a lancé en tant que coréalisateur et producteur la carrière du dessinateur Picha dans le cinéma d'animation, et a réalisé des documentaires, des publicités (Sabena, Barbie...) et plusieurs courts-métrages.

Son film le plus connu, Les Tueurs fous, est basé sur un fait divers macabre datant de 1971 : deux jeunes Français ont tiré au hasard sur des passant·e·s pendant dix jours. Ce film n’est pas un réquisitoire contre la délinquance juvénile mais brosse le portrait sobre et glaçant de deux personnes amorales qui tracent un chemin sanglant dans Bruxelles. La critique reproche au film sa brutalité et son manque d’éthique. En cela Les Tueurs fous était très en avance sur son temps et peut être considéré comme un précurseur des films de tueurs en série qui allaient faire fureur par la suite.

Le deuxième film est le loufoque Mama Dracula. Le professeur Van Bloed est invité à participer à un congrès d’hématologie organisé par la comtesse Dracula dans un village de Transylvanie. Interprétée par Louise Fletcher, elle est mère de jumeaux qui tiennent le magasin de mode Vamp destiné à piéger des vierges dont le sang sera utilisé pour le bain quotidien de la matriarche. Blagues insipides, nudité intéressée et caricature à gros traits, sont les ingrédients de base de ce plaisir coupable à consommer sans modération.

 

Avril : whodunit

Le whodunit (« who [has] done it », c’est-à-dire « qui l’a fait ») consiste à trouver qui est le ou la coupable parmi les différents personnages d’une intrigue. Cette structure ludique n’était pas la préférée d’Hitchcock qui prétendait qu’elle tuait le suspense, mais elle a pourtant fait ses preuves dans différents genres tels le giallo ou le slasher.

Deux mains, la nuit de Robert Siodmak est un classique du whodunit et est considéré comme une des inspirations potentielles du giallo italien. En 1975, le réalisateur britannique Peter Collinson (The Italian Job, Fright, The Penthouse) revisite ce classique en plaquant les figures de style du giallo contemporain des années 1970. On retrouve Jacqueline Bisset (Bullit) et John Phillip Law (Danger, Diabolik) au casting de ce remake efficace mis en scène par un des réalisateurs les plus prometteurs du cinéma de genre anglais… qui décédera prématurément cinq années plus tard à l’âge de 44 ans.

Le Monstre du train fait quant à lui partie de l’âge d’or du slasher des années 1980 qui a pour particularité de se passer entièrement dans un train. On y retrouve la structure classique du slasher avec le trauma d’un adolescent harcelé par ses camarades et qui se vengera par la suite. Surfant sur le succès d’Halloween, Jamie Lee Curtis, la reine des scream queens, est la tête d’affiche… ainsi qu’un certain David Copperfield qui joue le rôle d’un magicien ! Il s’agit de la première réalisation du monteur canadien Roger Spottiswoode qui fera carrière ensuite dans le cinéma mainstream américain (le James Bond Demain ne meurt jamais, Arrête ou ma mère va tirer ! avec Stallone…).

Mai : Post-apo

Attention, vous allez entrer dans le wasteland du cinéma, cette soirée est plus liée à la lettre Z que B… Le post-nuke, ou post-apo, décrit la survie des dernier·e·s re-sca-pé·e·s de l’humanité à la suite d’une catastrophe (souvent nucléaire) embarqué·e·s dans des véhicules à 2 ou 4 roues, voire plus !

Dans ce genre, Mad Max est le maître étalon et fut copié à foison. Johnny Halliday semblait être un grand fan du film de George Miller puisque dans ses concerts du début des années 1980, il arborait un look à la Mel Gibson et se battait à la hache sur scène. Terminus allait faire de lui le Mad Max français. A la réalisation, on retrouve un chef opérateur de renom, Pierre William Glenn, qui a travaillé avec les plus grands du cinéma français (Rivette, Truffaut, Demy, Costa-Gavras, Tavernier…). L’univers futuriste est supervisé par Enki Bilal, le casting est international avec Karen Allen (Les Aventuriers de l’arche perdue) et Jürgen Prochnow (La Forteresse noire) … mais Johnny, peroxydé pour l’occasion, fonce dans le mur avec son camion, le film est un échec cinglant malgré la débauche de moyens.

Avec un budget beaucoup plus limité, l’Italien Enzo G. Castellari (Keoma) entame une trilogie postapocalyptique avec Les Nouveaux Barbares. En plus de Mad Max, il emprunte aussi à New-York 1997 de Carpenter (autre grande référence du post-apo) et Les Guerriers de la nuit de Walter Hill. Castellari est un as de la contrefaçon (son film précédent, La Mort aux large, copie des Dents de la mer, lui valut un procès) mais trouve avec ce nouveau genre une vraie accointance… même si on est loin de ses chefs d’œuvre du western et du poliziesco !



En collaboration avec

image
Vendredi 28.03 19:00 LEDOUX Cart

B à Z
Boris Szulzinger : B à Z
Tribute : Picha & Szulzinger Restored

The Lonely Killers
Les Tueurs fous
  • Boris Szulzinger, Belgique 1972 ⁄ Dominique Rollin, Christian Barbier, Roland Maden ⁄ couleur ⁄ 79' ⁄ V: FR ⁄ ST:  —

Un gigolo et son ami ont pour jeu favori de tirer sur des inconnus. Ils s'embarquent dans une cavale bruxelloise, faisant de ce film un thriller 100% local, inspiré d'ailleurs d'un fait divers réel.

Précédé d'une introduction bilingue.

 + INTRO 

image
Vendredi 28.03 21:00 LEDOUX Cart

Boris Szulzinger : B à Z
B à Z
Tribute : Picha & Szulzinger Restored

Mama Dracula
  • Boris Szulzinger, Belgique, France 1980 ⁄ Louise Fletcher, Maria Schneider, Marc-Henri Wajnberg, Alexander Wajnberg ⁄ couleur ⁄ 92' ⁄ ST: FR - NL

Mama Dracula doit se baigner dans le sang de vierges pour rester en vie. Manque de bol, les pucelles se font de plus en plus rares, et notre vampire peine à trouver ses victimes. Une comédie belge de Boris Szulzinger, qui parodie la légende de la comtesse Élisabeth Báthory.

Précédé d’une présentation bilingue et du court métrage Le Bombardon (Boris Szulzinger, 1967, 15’).

 + INTRO 

image
Vendredi 25.04 19:00 LEDOUX Cart

B à Z
Whodunit : B à Z

La Nuit de la peur
The Spiral Staircase
  • Peter Collinson, UK 1975 ⁄ Jacqueline Bisset, Christopher Plummer, John Phillip Law ⁄ couleur ⁄ 88' ⁄ ST: FR - NL

Un tueur en série sévit dans une petite ville des États-Unis en s’attaquant à des femmes handicapées. Helen (Jacqueline Bisset) devenue muette à la suite d’un traumatisme va devenir sa future proie.

Précédé d'une présentation bilingue.

 + INTRO 

image
Vendredi 25.04 21:00 LEDOUX Cart

B à Z
Whodunit : B à Z

Le Monstre du train
Terror Train
  • Roger Spottiswoode, Canada, USA 1979 ⁄ Ben Johnson, Jamie Lee Curtis, David Copperfield ⁄ couleur ⁄ 96' ⁄ ST: FR - NL

Un groupe d’étudiants organise un réveillon costumé dans un vieux train à vapeur : sexe, drogue et magie au programme… Mais un tueur mystérieux s’est glissé dans ce train qui ne peut s'arrêter et dont ils sont prisonniers.

image
Vendredi 30.05 19:00 LEDOUX Cart

B à Z
Post-apo : B à Z

Terminus
  • Pierre William Glenn, France, RFA, Pays-Bas 1986 ⁄ Johnny Hallyday, Karen Allen, Jurgen Prochnow ⁄ couleur ⁄ 116' ⁄ ST: FR - NL

Dans une Europe dévastée par la guerre civile, un camion high tech doit arriver au terminus pour une livraison spéciale. Le chauffeur, Johnny, doit affronter une horde d’assaillants qui feront tout pour l’en empêcher.

Précédé d'une présentation bilingue.

 + INTRO 

image
Vendredi 30.05 21:15 LEDOUX Cart

B à Z
Post-apo : B à Z

The New Barbarians
I nuovi barbari
  • Enzo G. Castellari, Italie 1982 ⁄ Giancarlo Prete, Fred Williamson, George Eastman ⁄ couleur ⁄ 90' ⁄ ST: FR - NL

En 2019, la Troisième Guerre mondiale a causé l’holocauste nucléaire. Parmi les champs de ruines, deux guerriers se dressent contre les Templars, une milice ultra violente perpétrant des massacres.