Restored

Belgique

De zaak van de valse Soir
Un soir de joie

Gaston Schoukens, Belgique 1955

Drame, Comédie

La reconstitution d’un des événements les plus libertaires de l’histoire belge sous l’occupation : la conception et la diffusion du faux journal Le Soir, dans lequel furent publiés des articles qui échappèrent à la censure, tandis que Le Soir officiel était aux mains de l’occupant.

Un Soir de joie

Réalisation :
Gaston Schoukens
Année :
1955
Pays :
Belgique
Interprètes :
Marcel Roels, Jean-Pierre Loriot, Roger Dutoit
Film Format :
NB
Durée :
112'
Version :
V : FR ⁄ ST : —

Fiche technique

Interprètes :
Marcel Roels, Jean-Pierre Loriot, Roger Dutoit,  Jacques Philippet, Victor Guyau, Gaston Derblay, Paul Delmiche, Madeleine Rivière, Francine Vendel, Arlette Schreiber, Germaine Broka
Scénario :
E. Olin
Production :
Coro Film, Cinex
Photographie :
José Dutilieu, André Laroche, Charles Lengnich, Paul de Fru
Composition musicale :
José Fontaine, Félix Bell
Son :
Guy Tassignon
Genre  :
Drame, Comédie
Format original :
35mm

Fiche digitalisation

Préservation digitale :
Restoration Digitale – 2K
Fiche digitalisation :
Un « Soir » de joie (1954) a été numérisé et restauré par la Cinémathèque royale de Belgique – CINEMATEK en 2022 avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le négatif original 35mm est actuellement considéré comme perdu. 
Deux copies d’exploitation, conservées à CINEMATEK mais abîmées par les projections, ont été scannées en 2K et utilisées comme matériel de référence, pour reconstituer en numérique la version complète.

Cinéaste autodidacte, Gaston Schoukens (1901 - 1961) fait ses débuts dans le reportage d’actualités et le documentaire, avant de reprendre à 25 ans le stock d’une maison de distribution. Il ajoute à ce catalogue les films qu’il réalise lui-même, et appele sa société La Lux Film. Il se fait connaître avec sa farce, Famille Klepkens, sur le quartier des Marolles à Bruxelles et poursuivit dans cette veine populaire avec des films qui rencontrent un immense succès, notamment à Bruxelles et en Wallonie - C’était le bon temps (1936) fut par exemple le plus grand succès des années 1930 en Belgique, juste après les classiques de Walt Disney Blanche Neige ou Les Sept Nains. Réalisé sans aide gouvernementale, sans technique sophistiquée et avec un budget réduit, son cinéma répond à l’envie du public de cette époque, de se divertir avec des films accessibles dans lesquels performent les acteurs locaux : “A l’exception d’un film muet cocardier (Les Croix de l’Yser), d’un mélo 1930 (Le Plus Joli Rêve) et d’un polar à la Libération, la quasi-totalité de cette production s’est voulue résolument comique, juteuse, jouant sur le pittoresque vocal ou la nostalgie bon enfant. Honni par les esthètes et aimé de son public, Gaston Schoukens, autodidacte de la pellicule, est devenu aujourd’hui l’incontournable pionnier belge des années 30-60 »

La Seconde Guerre mondiale mit fin à l’âge d’or de La Lux Film 1930 et après la guerre, Schoukens exerça son métier de distributeur, ressortant ou adaptant ses anciens succès. Mais il revient au long métrage en 1954 et tourne, en dialecte bruxellois, Un soir de joie, qui s’inspire d’un fait réel survenu en novembre 1943, lorsque la Résistance réussit à publier un faux numéro du journal pro-allemand Le Soir. Ce numéro, rempli d’articles parodiques, prit les forces d’occupation au dépourvu et les ridiculisa sans pitié. Le film, qui retrace cet acte audacieux resta populaire pendant des années, tant au cinéma qu’à la télévision. “Le parti pris étant de ne pas raconter les souffrances, mais la Résistance par le rire et le persiflage, Schoukens atteignit son but: un public, saturé depuis dix ans par des films uniquement hérooïques, vint en foule s’amuser des nazis tournés en bourriques, à la façon d’Uylenspiegel”.

Schoukens essuya néanmoins quelques critiques. Certains Résistants qui avaient participé à ce coup d’éclat historique estimèrent que ce sujet ne méritait pas d’être tourné en dérision. Et la critique cinématographique jugea le film trop léger : “en réalité, l’exagération de ces critiques prouve que le problème était ailleurs : dans l’impossibilité qu’auraient les Belges de se regarder eux-mêmes avec dérision. Cela dit, le film péchait, une fois de plus, au niveau du scénario – l’intrigue était objectivement mal ficelée. »

Pendant des années, CINEMATEK a multiplié les tentatives pour restaurer le film, empêchée par des questions de droits et de matériel. Le négatif original étant inaccessible, l’institution a dû se contenter de copies d’exploitation. Mais les films populaires, par leur sollicitation, sont plus abîmés que les autres. Il a donc fallu deux copies différentes desquelles les meilleurs éléments ont été pris, pour faire un nouveau montage digital.

Le cinéaste flamand Michaël R. Roskam travaille actuellement sur Le Faux Soir, son adaptation de ce fait historique prévue au cinéma en 2027.

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