Cinéma de l'étrange - De la page à l’écran
Malpertuis
Harry Kümel, Belgique 1972
Fiction, Fantastique
Harry Kümel adapte le roman fantastique de l’écrivain belge Jean Ray Malpertuis, qui nous narre l’histoire d’une demeure maléfique dans laquelle le vieux Cassavius séquestre, sous des enveloppes humaines, les anciens dieux grecs déchus.
- Réalisation :
- Harry Kümel
- Année :
- 1972
- Pays :
- Belgique
- Interprètes :
- Orson Welles, Susan Hampshire, Michel Bouquet
- Film Format :
- couleur
- Durée :
- 125'
- Versions :
-
V : NL ⁄ ST : —
V : NL ⁄ ST : FR
ST : —
Cinéaste autodidacte, Harry Kümel (1940 -) découvre le cinéma par le circuit amateur. D’abord en s’armant de la caméra de son père, ensuite via des cinéclubs qui le mènent à la télévision flamande (BRT) et pour laquelle il réalise des séries dramatiques et des documentaires.
En 1968, il dirige son premier long métrage, Monsieur Hawarden, primé dans quelques festivals et s’impose avec son deuxième long, Les Lèvres rouges (1971). Premier film de vampires en langue flamande, Les Lèvres rouges va connaître un succès énorme, en France et dans les pays anglo-saxons, le cinéaste y revisitant le mythe, dans la riche tradition du vampirisme, de la comtesse Élisabeth Bathory, qu’il confie à une Delphine Seyrig ensorcelante, manipulatrice et prodigieuse. En 1972 il réalise Malpertuis, qui sera à son tour considéré comme une œuvre culte du cinéma fantastique. Le cinéaste est reconnu dans les années qui suivent davantage par son travail pour la télévision, met également en scène des comédies musicales et des opéras et sera professeur (et figure influente) à la Filmacademie d’Amsterdam.

Malpertuis, grande fresque baroque tirée du roman homonyme de Jean Ray, est surtout un mégaprojet par rapport aux productions flamandes de l’époque. Disposant d’un budget conséquent, Kümel et ses producteurs réunirent des professionnels de talent international : Orson Welles et Susan Hampshire entre autres au casting et le directeur de la photographie britannique Gerry Fisher, célèbre pour son travail avec Joseph Losey, pour l’équipe technique.
OVNI à l’histoire insaisissable pour certains, adaptation brillante pour d’autres, Malpertuis, marqua également les esprits parce qu’il ne s’agit pas un film, mais deux : « La première version a été montrée en mai 1972 à Cannes. Elle dure 107 minutes et a été montée par le monteur britannique Richard Marden. De cette version existe une bande sonore anglaise et française. Dans la version anglaise, on peut entendre la voix d’Orson Welles, dans la version française, les acteurs français parlent leur propre langue. Cette première version franco-anglaise fut mal reçue à Cannes. Selon le réalisateur, à cause du montage catastrophique de Richard Marden. Peut-être aussi parce que le film est complètement incompréhensible. Harry Kümel ne se retrouvait donc pas dans la version de Cannes de Richard Marden et a obtenu du producteur de pouvoir lui-même procéder au montage de la version en néerlandais, nécessaire en raison des subsides de la Communauté flamande. Pendant six mois, Harry Kümel s’est isolé à Bruxelles dans les locaux de la production pour remonter une nouvelle version de Malpertuis, en néerlandais. Il a réalisé la postsynchronisation lui-même, en prêtant sa voix à pas moins de six personnages (…). Et pour Harry Kümel, pas de doute, “sa” version en néerlandais, c’est le seul vrai Malpertuis. »[1]
[1] E. MARTENS, extrait du texte écrit à l’occasion de l’édition du DVD du film, par la Cinémathèque royale de Belgique, cinematek.eu




















