Restored

Cinéma de l'étrange - De la page à l’écran

Malpertuis

Harry Kümel, Belgique 1972

Fiction, Fantastique

Harry Kümel adapte le roman fantastique de l’écrivain belge Jean Ray Malpertuis, qui nous narre l’histoire d’une demeure maléfique dans laquelle le vieux Cassavius séquestre, sous des enveloppes humaines, les anciens dieux grecs déchus.

Malpertuis

Réalisation :
Harry Kümel
Année :
1972
Pays :
Belgique
Interprètes :
Orson Welles, Susan Hampshire, Michel Bouquet
Film Format :
couleur
Durée :
125'
Versions :
V : NL ⁄ ST : —
V : NL ⁄ ST : FR
ST : —

Fiche technique

Interprètes :
Orson Welles, Susan Hampshire, Michel Bouquet,  Mathieu Carrière, Jean-Pierre Cassel, Daniel Pilon, Walter Rilla, Dora Van Der Groen, Charles Janssens, Sylvie Vartan, Jet Naessens, Cara Van Wersch
Scénario :
Jean Ferry
Production :
Paul Laffargue, Ritta Laffargue, Pierre Levie
Photographie :
Gerry Fisher
Montage :
Richard Marden
Composition musicale :
Georges Delerue
Son :
Jacques Eippers, Henri Morelle, Paul Cayatte
Décors :
Pierre Cadiou de Condé
Costumes :
Claire-Lise Leisegang
Genre  :
Fiction, Fantastique
Format original :
35mm

Fiche digitalisation

Projet :
A Season of Classic Films
Année de restauration :
2023
Préservation digitale :
Restoration Digitale – 4K
Fiche digitalisation :
Le film Malpertuis (1972) de Harry Kümel a été restauré en 2023 par la Cinémathèque royale de Belgique – CINEMATEK, avec l’aide de Belspo, avec le soutien de « A Season of Classic Films », une initiative de l’ACE – Association des Cinémathèques Européennes, qui fait partie du programme Creative MEDIA de la Commission européenne et grâce au soutien des joueurs de la Loterie Nationale.

Les travaux ont été réalisés à partir du négatif original 35 mm et du son magnétique original conservés dans les collections de la Cinémathèque royale de Belgique, où le film a été numérisé en 4K. L'étalonnage effectué sous la supervision du réalisateur. Les deux versions du film (celle de 1972 et le director’s cut de 1973) ont été scannées et utilisées pour reconstruire la version restaurée.

Cinéaste autodidacte, Harry Kümel (1940 -) découvre le cinéma par le circuit amateur. D’abord en s’armant de la caméra de son père, ensuite via des cinéclubs qui le mènent à la télévision flamande (BRT) et pour laquelle il réalise des séries dramatiques et des documentaires.

En 1968, il dirige son premier long métrage, Monsieur Hawarden, primé dans quelques festivals et s’impose avec son deuxième long, Les Lèvres rouges (1971). Premier film de vampires en langue flamande, Les Lèvres rouges va connaître un succès énorme, en France et dans les pays anglo-saxons, le cinéaste y revisitant le mythe, dans la riche tradition du vampirisme, de la comtesse Élisabeth Bathory, qu’il confie à une Delphine Seyrig ensorcelante, manipulatrice et prodigieuse. En 1972 il réalise Malpertuis, qui sera à son tour considéré comme une œuvre culte du cinéma fantastique. Le cinéaste est reconnu dans les années qui suivent davantage par son travail pour la télévision, met également en scène des comédies musicales et des opéras et sera professeur (et figure influente) à la Filmacademie d’Amsterdam.


Malpertuis, grande fresque baroque tirée du roman homonyme de Jean Ray, est surtout un mégaprojet par rapport aux productions flamandes de l’époque. Disposant d’un budget conséquent, Kümel et ses producteurs réunirent des professionnels de talent international : Orson Welles et Susan Hampshire entre autres au casting et le directeur de la photographie britannique Gerry Fisher, célèbre pour son travail avec Joseph Losey, pour l’équipe technique.

OVNI à l’histoire insaisissable pour certains, adaptation brillante pour d’autres, Malpertuis, marqua également les esprits parce qu’il ne s’agit pas un film, mais deux : « La première version a été montrée en mai 1972 à Cannes. Elle dure 107 minutes et a été montée par le monteur britannique Richard Marden. De cette version existe une bande sonore anglaise et française. Dans la version anglaise, on peut entendre la voix d’Orson Welles, dans la version française, les acteurs français parlent leur propre langue. Cette première version franco-anglaise fut mal reçue à Cannes. Selon le réalisateur, à cause du montage catastrophique de Richard Marden. Peut-être aussi parce que le film est complètement incompréhensible. Harry Kümel ne se retrouvait donc pas dans la version de Cannes de Richard Marden et a obtenu du producteur de pouvoir lui-même procéder au montage de la version en néerlandais, nécessaire en raison des subsides de la Communauté flamande. Pendant six mois, Harry Kümel s’est isolé à Bruxelles dans les locaux de la production pour remonter une nouvelle version de Malpertuis, en néerlandais. Il a réalisé la postsynchronisation lui-même, en prêtant sa voix à pas moins de six personnages (…). Et pour Harry Kümel, pas de doute, “sa” version en néerlandais, c’est le seul vrai Malpertuis. »[1]


[1] E. MARTENS, extrait du texte écrit à l’occasion de l’édition du DVD du film, par la Cinémathèque royale de Belgique, cinematek.eu