Restored

De la page à l’écran

L’Homme au crâne rasé
De man die zijn haar kort liet knippen

André Delvaux, Belgique 1965

Fantastique, Fiction

« Comment Govert Miereveld, avocat dans une ville flamande, conçoit un amour secret pour sa jeune élève Franne, beauté inaccessible et bientôt disparue. Comment plus tard, l’imperceptible dérèglement mental de Govert s’accentue sous le choc d’une autopsie à laquelle il est contraint d’assister. Comment il retrouve – ou croit retrouver – Franne, et ce qui s’ensuite. Comment on ne saura jamais s’il l’a vraiment tuée » – André Delvaux

De man die zijn haar kort liet knippen

Réalisation :
André Delvaux
Année :
1965
Pays :
Belgique
Interprètes :
Senne Rouffaer, Beata Tyszkiewicz, Hector Camerlynck
Film Format :
NB
Durée :
98'
Versions :
V : NL ⁄ ST : FR
V : NL ⁄ ST : EN

Fiche technique

Interprètes :
Senne Rouffaer, Beata Tyszkiewicz, Hector Camerlynck,  Hilde Uitterlinden, François Beukelaers, Annemarie Van Dijk, Hilda Van Roose, Arlette Emmery, Paul s'Jongers, Luc Philips
Scénario :
André Delvaux, Anna De Pagter
Production :
Paul Louyet, Jos Op De Beeck
Photographie :
Ghislain Cloquet, Roland Delcour
Montage :
Suzanne Baron, R. Delferrière
Composition musicale :
Frédéric Devreese
Son :
Antoine Bonfanti, Jo De Voghel
Décors :
Jean-Claude Maes
Costumes :
Jean-Claude Maes
Genre  :
Fantastique, Fiction
Format original :
35mm

Fiche digitalisation

Projet :
A Season of Classic Films
Année de restauration :
2021
Préservation digitale :
Restoration Digitale – 2K
Fiche digitalisation :
Le film De man die zijn haar kort liet knippen (1965) d'André Delvaux a été restauré en 2021 par la Cinémathèque royale de Belgique – CINEMATEK, avec l’aide de Belspo, avec le soutien de « A Season of Classic Films », une initiative de l’ACE – Association des Cinémathèques Européennes, qui fait partie du programme Creative MEDIA de la Commission européenne et grâce au soutien des joueurs de la Loterie Nationale.

Les travaux ont été réalisés à partir du négatif original 35 mm et du son magnétique original conservés dans les collections de la Cinémathèque royale de Belgique, où le film a été numérisé en 2K.

André Delvaux (1926-2002) suit des études de philologie germanique et droit à l’Université Libre de Bruxelles ainsi qu’une formation de pianiste et de composition au Conservatoire royal de Bruxelles. Avant de se consacrer au cinéma, il a commencé sa carrière en tant que professeur de néerlandais et de cinéma à l’athénée Fernand Blum à Schaerbeek[1]. Il accompagne également au piano des films muets diffusés à l’Ecran du séminaire des arts (futur Musée du cinéma de la Cinémathèque Royale de Belgique)[2].

Il dirige son premier court métrage en 1953, Forges[3], en collaboration avec le cinéaste belge Jean Brismée. Durant sa carrière d’enseignant, il crée des ateliers cinéma pour ses élèves, avec qui il réalisera les trois courts, Nous étions Treize (1956), Two Summer Days (1959) et Yves boit du lait (1960).

Entre 1960 et 1964, Delvaux réalisera des émissions documentaires pour les réseaux de télévision belge, entre autres 4 émissions autour de Federico Fellini et 5 autour de Jean Rouch, ainsi qu’une série documentaire de 9 émissions sur le cinéma polonais.



En 1962, il fait partie du groupe de jeunes co-fondateurs de l’INSAS (Institut national supérieur des arts du spectacle et des techniques de diffusion) à Bruxelles, et y devient chargé de cours dès 1963. Son premier long métrage de fiction, L’Homme au crâne rasé (1965) remporte rapidement une reconnaissance internationale : « mon film a été pris en main, internationalement, puis il est revenu en Belgique, où on a réalisé qu’un cinéma de fiction était donc possible chez nous »[4].

Représentant majeur du courant du réalisme magique , Delvaux réalise 6 longs métrages de fiction, pour la plupart des adaptations d’oeuvres littéraires : Un soir, un train (1968 d’après Johan Daisne), Rendez-vous à Bray (1971, d’après Julien Green), Belle (1973), Femme entre chien et loup (1979), Benvenuta (1983, d’après Suzanne Lilar), et L’œuvre au noir (1988, d’après Marguerite Yourcenar).

Il réalise également un documentaire sur Woody Allen (To Woody Allen, from Europe with Love) et sa carrière se clôture avec le court métrage 1001 Films, en hommage à la Cinémathèque royale de Belgique.

Delvaux connaissait l’œuvre de Daisne en tant qu’étudiant dès la fin des années 1940 et « son nouveau livre De man die zijn haar kort liet knippen (L’homme au crâne rasé) avait fait grande impression sur moi. Je n’étais pas encore en mesure de formuler exactement pourquoi cette œuvre m’avait touché profondément ; sans doute en ai-je pris conscience graduellement ».

Quinze ans après, les services cinématographiques de la BRT, à la suite du succès de certains de ses films, lui ont offert l’occasion de tourner un film de long métrage et lui laissaient le choix du sujet, la recherche d’un producteur (le Ministère de ...), et la liberté du final cut. « Le sujet avait mûri en moi ; la réalisation du film permettait peut-être de poser des questions essentielles ce qui également est une façon de répondre. Maintes fois j’ai parlé avec Johan Daisne et ainsi un contact très intime s’est créé rapidement. »

Mal accueilli dans l’ensemble par la critique belge lors des premières projections, c’est de l’étranger et en particulier de France que viendront les premiers témoignages de compréhension, en particulier par le critique français Michel Cournot : « Les chefs-d’œuvre, au cinéma, ne sont pas légion. Des œuvres de la classe de Citizen Kane, de Pierrot le fou, de Salvatore Giuliano, il ne s’en fait pas dix par an, et même pas cinq, le monde pris dans son entier. L’une des toutes récentes est L’homme au crâne rasé, d’André Delvaux. Un film belge. (...) un indiscutable chef-d’œuvre, L’homme au crâne rasé, d’André Delvaux, le premier long métrage qui nous soit venu de Belgique, ce pays, soit dit en passant, qu’il faudrait apprendre à aimer » – Michel Cournot (Le Nouvel Observateur 15.06.1966).

L’Homme crâne rasé est surtout considéré comme étant le film fondateur du cinéma belge moderne, à un moment où une politique de production cinématographique et de soutien se met en place.


[1] P. DAVAY, F. DANCKAERT, 1970-1980, 10 ans de cinéma belge, Europalia 80 Belgique, Bruxelles, 1980, p. 14.
[2] D. NASTA, A. LACHAPELLE, « Delvaux André », Nouvelle Biographie nationale t.12, Académie Royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 2014, p. 99.
[3] Ibid (nasta).
[4] L. DANVERS, « André Delvaux ou les chemins de la beauté » Le Vif/L’Express, 30 août 2002, p. 65.