Animation belge
Tarzoon, Shame of the jungle
Tarzoon, la honte de la jungle
Picha, Boris Szulzinger, Belgique, France 1975
Animation, Fiction, Comédie
« On commence à accrocher les gens avec des trucs classiques et puis on passe à la satire de la virilité, des collectivités, de la mystique écologique et contestataire, des réflexes conditionnés et du conditionnement. Peu de chose est épargné : le seul qui s’en tire, c’est Tarzoon, qui reste le personnage le plus sain du film » – Picha[1]
- Réalisation :
- Picha, Boris Szulzinger
- Année :
- 1975
- Pays :
- Belgique, France
- Interprètes :
- Johnny Weismuller Jr, Bill Murray, Pat Bright
- Film Format :
- couleur
- Durée :
- 79'
- Versions :
-
V : FR ⁄ ST : NL
V : EN ⁄ ST : FR & NL
V : EN ⁄ ST : —
Picha (de son vrai nom Jean-Paul Walravens, 1942-), est un caricaturiste satirique et réalisateur belge. Après deux ans d’études à l’Institut Saint-Luc, Picha entame sa carrière de caricaturiste pour une série de journaux et revues, belges et internationales, comme Hara-Kiri ou Lampoon. Arrivé par « accident » dans la réalisation de films d’animation « pour adultes », il ne réalise que quatre long métrages durant sa carrière, et collabore avec Benoît Lamy pour réaliser Cartoon Circus (1972), reportage sur le monde de la BD et des caricaturistes. Picha est un collaborateur fréquent du cinéaste Boris Szulzinger. Il réalise également plusieurs séries animées télévisées – cette fois à destination des enfants – durant les années 1990[2].

Tarzoon, la honte de la jungle est le premier long métrage d’animation de Picha, co-réalisé et produit par Boris Szulzinger. Le film suit Tarzoon, homme de la jungle qui part à la recherche de sa femme, June, enlevée par la reine chauve Bazonga, qui la convoite pour sa belle chevelure. Parodie, satire de la société capitaliste[3], Tarzoon « détruit tous les clichés : militarisme, racisme, virilité, esprit de révolte à la sauce 1960 et 1968. L’écologie elle-même en prend un coup »[4].
Une version de 15 minutes est montrée au 27e Festival de Cannes, dans le but de trouver des financements. C’est finalement la Fox qui va fournir les fonds nécessaires à la réalisation du film et assurer sa diffusion aux États-Unis[5]. Globalement bien reçu par la critique, le film rencontre cependant un obstacle : les héritiers d’Edgar Rice Burroughs, auteur de Tarzan. Ils voient en Tarzoon une contrefaçon, un acte de concurrence et une atteinte de droit moral, si bien qu’ils tentent d’en interdire la diffusion aussi bien en France qu’aux États-Unis, sans succès[6]. L’acteur qui a donné sa voix au personnage de Tarzoon n’est d’ailleurs nul autre que Johnny Weissmuller Jr., fils de l’acteur Johnny Weissmuller, interprète de longue date de Tarzan à l’écran[7].
[1] A.-C.B., « A vos vidéos. La honte de la jungle », Pourquoi Pas ?, 24 décembre 1987, p. 72.
[2] CINERGIE, « Luc Jabon – Picha envers et contre tout », Cinergie.be, [En ligne] www.cinergie.be (page consultée le 22 mai 2025).
[3] A.-C.B., « A vos vidéos. La honte de la jungle », Pourquoi Pas ?, 24 décembre 1987, p. 72.
[4] A.V., «Tarzoon, la honte de la jungle », La Dernière Heure, 18 septembre 1975.
[5] s.n., « ‘Tarzoon, la honte de la jungle’ : un dessin animé belge au niveau américain », Vlan, 18 septembre 1975.
[6] s.n., « Tarzan contre Tarzoon », Le Soir, 21 septembre 1978.
[7] P. THONON, « Le fils de Tarzan : la voix de Tarzoon », Pourquoi pas ?, 4 septembre 1975, p. 117.
















