« Une petite ville imaginaire dans un pays imaginaire. (…) Les habitants sont de petits bonhommes, tous identiques, portant à la main une petite valise noire comme leur chapeau et leur costume. Au centre de la ville, il y a un gigantesque trou circulaire. (…) Ce mystérieux trou est protégé par une haute palissade qui en interdit l’accès. »[1]
- Réalisation :
- Gérald Frydman
- Année :
- 1971
- Pays :
- Belgique
- Interprètes :
- Gilbert Bremans
- Film Format :
- couleur
- Durée :
- 13'
- Version :
- ST : —
Gérald Frydman (1942-) est un réalisateur et producteur belge. Il commence par suivre des cours de mathématiques à l’Université, où il découvre le « séminaire libre de cinéma », qui le lance sur le chemin du 7e art. Il suit alors une formation du cinéaste à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion), où il sera notamment l’assistant d’André Cavens. Une fois diplômé, il ne se tourne par vers le cinéma mais réalise des romans-photos, notamment en collaboration avec le cinéaste Richard Olivier et devient scénariste de bande dessinée, créant, entre autres, Sergent Laterreur, avec le dessinateur Touïs. C’est par le biais d’animations photos conçues pour la RTBF (Radio-Télévision belge de la Communauté française) et l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), qu’il débute sa carrière de cinéaste, principalement dans l’animation et le court-métrage. En 1981, il crée l’Atelier Alfred, un atelier de formation au cinéma pour jeunes cinéastes et subventionné par la Communauté française[2].

Son premier film d’animation, Scarabus se déroule dans une petite ville, géométrique et monotone, peuplée d’hommes identiques qui tentent tant bien que mal de surmonter une palissade. Frydman utilise pour ce court la technique dont il se servait à l’époque pour élaborer des portraits pour le Journal de Spirou, mélangeant animation et photographie. Ses personnages, dans une suite de gags pour découvrir ce que cache la palissade, sont des photographies mises en scène dans des décors qu’il dessine lui-même. « Film d’inspiration kafkaïenne, Scarabus est tout le contraire cependant d’une œuvre « hermétique » : ses variations, toutes gratuites, se suffisent à elles-mêmes ; c’est en vain que l’on chercherait à leur appliquer une grille symbolique »[3].
Avec ce premier essai cinématographique, Frydman obtient le Prix de la première œuvre au Festival du film d’animation d’Annecy en 1971, le Golden Boomerang (Grand Prix) du Festival International du Film de Melbourne (1972), et reçoit une mention spéciale au Festival international du film de court métrage et du film documentaire de Grenoble (1972).
Scarabus marque le début d’une carrière estimée tant en Belgique qu’à l’étranger avec notamment quatre participations au festival de Cannes et des récompenses prestigieuses : le Prix du jury pour Agulana en 1976 et la Palme d’or du court métrage pour Le Cheval de fer en 1984. Frydman a très certainement inscrit, à l’instar de Raoul Servais, ou Nicole Van Goethem, la Belgique dans l’histoire du cinéma d’animation.
[1] SCARABUS, Dossier de Presse cf. Archives.
[2] F.R., « Créer un scénario de film aux Ateliers Alfred », Le Soir, 27 juillet 1986.
[3] s.n., « Scarabus », La Libre Belgique, 1er
juillet 1971.













