Animation belge
B.C. Rock
Le Chaînon manquant
Picha, Belgique, France 1980
Animation, Fiction, Comédie
« Vous pouvez ajouter que mes sujets ne sont jamais que des prétextes à la satire, à l’exploration de la bêtise contemporaine. Et puis, j’aime bien la nature donc les animaux et la Préhistoire. Par ailleurs, la mode est à la futurologie et aux films d’anticipation. C’est par esprit de contradiction que j’ai conçu Le Chaînon manquant ». – Picha[1]
- Réalisation :
- Picha
- Année :
- 1980
- Pays :
- Belgique, France
- Interprètes :
- Jacques Dacqmine, Jacques Ferrière, William Sabatier
- Film Format :
- couleur
- Durée :
- 95'
- Versions :
-
V : FR ⁄ ST : NL
V : FR ⁄ ST : —
V : EN ⁄ ST : —
Picha (de son vrai nom Jean-Paul Walravens, 1942-), est un caricaturiste satirique et réalisateur belge. Après deux ans d’études à l’Institut Saint-Luc, Picha entame sa carrière de caricaturiste pour une série de journaux et revues, belges et internationales, comme Hara-Kiri ou Lampoon. Arrivé, par « accident » dans la réalisation de films d’animation « pour adultes », il ne réalise que quatre long métrages durant sa carrière, et collabore avec Benoît Lamy pour réaliser Cartoon Circus (1972), reportage sur le monde de la BD et des caricaturistes. Picha est un collaborateur fréquent du cinéaste Boris Szulzinger. Il réalise également plusieurs séries animées télévisées – cette fois à destination des enfants – durant les années 1990[2].

Second long-métrage de Picha, il prend cette fois pour point de départ la théorie de l’évolution de Darwin et son concept du « chaînon manquant » dans l’évolution humaine. Pour trouver la réponse, direction le 25 mai 196303 av. J.C., jour de la naissance d’Oh, un petit bébé qui ne ressemble en rien à sa famille puisqu’il est tout rose. Abandonné par sa tribu d’origine, Oh est élevé par un brontosaure et va acquérir une série de savoirs jusque-là inconnus, comme le feu, la roue ou la massue, pour devenir le premier homme « intelligent » du monde.
Le Chaînon manquant, « satire du monde d’aujourd’hui »[3], glisse quelques clins d’œil à certains films mythiques de l’époque – principalement via les pastiches musicaux de Roy Budd – tels 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968) ou Star Wars de Georges Lucas (1977). Unique film belge présenté lors du 33e Festival de Cannes (1980), malgré quatre ans de travail, un doublage original en anglais et un travail s’étalant sur quatre pays (Etats-Unis, France, Belgique et Royaume-Uni), le film ne connait pas le succès, ni critique, ni financier, de son prédécesseur, Tarzoon.
[1] M. GRODENT, « Picha dans la course aux honneurs, avec le Chaînon manquant où l’on voit des humains plus bêtes que les bêtes », Le Soir, 07 mai 1980.
[2] CINERGIE, « Luc Jabon – Picha envers et contre tout », www.cinergie.be (page consultée le 22 mai 2025).
[3] F.A. LEVY, « Entretien avec Picha », L’Ecran Fantastique 14, 1980, p. 64.











