« Cela ne te fait pas penser à un certain film Échecs, célébré récemment à Paris (ovation debout, paraît-il !), où, comme dit Libération, d’un bout à l’autre il n’y a... RIEN [...] Tu comprendras ma joie profonde, le plaisir rare que j’ai eu en lisant cette critique. [...] RIEN, tu te rends compte ? D’un bout à l’autre !... Il est évident qu’ils n’ont pas osé écrire “un chef-d’œuvre absolu”. » – E. Bernhard (lettre à un ami)
- Réalisation :
- Edmond Bernhard
- Année :
- 1971
- Pays :
- Belgique
- Film Format :
- NB
- Durée :
- 32'
- Version :
- ST : —
Edmond Bernhard (1919-2001) est un cinéaste et poète belge. Après avoir entrepris des études classiques, de latin et de grec, Edmond Bernhard commence son parcours de cinéaste en 1954. Il est également professeur de cinéma à l’INSAS (Institut Supérieur des Arts). Autodidacte, son œuvre tient en cinq courts métrages primés dans des festivals internationaux : Lumière des hommes (1954), Waterloo (1957), Beloeil (1958), Dimanche (1963), Echecs (1972) ainsi que L’Ecole de la liberté avec le cinéaste belge Paul Haesaerts en 1960. Il est également auteur, notamment d’un ouvrage sur le jazz, Apologie du Jazz , co-écrit avec Jacques de Vergnies, en 1945, ainsi que d’un essai sur le film Lolita de Stanley Kubrick (1962), La Thématique échiquéenne de Lolita, en 1964.

Échecs, son dernier film, est à l’instar de Dimanche, une commande du Ministère de l’Éducation nationale, qui sera détournée par le cinéaste. Explorant le thème du jeu d’échecs qui lui est cher, il met en scène une partie du championnat du monde[1], en 51 coups. Avec la particularité que cette partie est filmée sans la présence visuelle d’intervention humaine : les 32 pièces de l’échiquier se déplacent comme par magie, animées de leur propre volonté.
« L’originalité du film réside en ce que Bernhard a tenté de montrer de l’invisible, il faut entendre par là la partie qui se joue dans la tête des adversaires, qui analysent, calculent, et préparent leur coup avant de le jouer, celui-ci n’étant que la résultante d’une longue réflexion. »[2] « Échecs, film métaphore, donne ainsi à voir, dans son corps d’images, l’essence du cinéma-pensée comme jeu de langage. Il n’y a pas de plus belle définition de la notion d’essai. »[3]
[1] B. LEHMAN, « Bernhard Edmond », in JUNGBLUT, G., LEBOUTTE, P., PAÏNI, D., Une encyclopédie des cinémas de Belgique, Yellow Now, Paris, 1990, p. 42 ; P. DUBOIS, « Echecs [1972] », in DUBOIS, P., ARNOLDY, E., Ça tourne depuis cent ans. Une histoire du cinéma francophone de Belgique, Communauté française de Belgique - Wallonie-Bruxelles, Bruxelles, 1995, p. 69.
[2] B. LEHMAN, « Bernhard Edmond », in JUNGBLUT, G., LEBOUTTE, P., PAÏNI, D., Une encyclopédie des cinémas de Belgique, Yellow Now, Paris, 1990, p. 42.
[3] P. DUBOIS, « Echecs [1972] », in DUBOIS, P., ARNOLDY, E., Ça tourne depuis cent ans. Une histoire du cinéma francophone de Belgique, Communauté française de Belgique – Wallonie-Bruxelles, Bruxelles, 1995, p. 69.










