FESTIVAL
Panorama international
Longs-métrages internationaux au BAFF – Brussels Art Film Festival 2026.
Mercredi 11.11 14:00 LEDOUX Cart
BAFF 2026
Panorama international
Elephants & Squirrels
- Gregor Brändli, Suisse 2025 ⁄ couleur ⁄ 114' ⁄ ST: FR
Les ossements humains sont-ils des objets de musée ? À Bâle, une artiste sri-lankaise questionne la restitution et notre rapport aux collections coloniales. Derrière les vitrines et dans les réserves suisses reposent, depuis plus d’un siècle, des ossements humains et des objets rituels rapportés du Sri Lanka par les naturalistes Paul et Fritz Sarasin. C’est pour obtenir leur restitution que l’artiste sri-lankaise Deneth P. Veda Arachchige accompagne le combat du peuple Wanniyala-Aththo, tout en inscrivant cette histoire dans sa propre pratique artistique, nourrie par la mémoire des ancêtres et les traces laissées par le passé colonial.Sans jamais céder aux simplifications, Gregor Brändli compose un film d’une grande finesse où dialoguent historien·nes, conservateur·rices de musée et représentant·es du peuple autochtone. Guidé par la présence lumineuse de Deneth, Elephants & Squirrels dépasse la seule question de la restitution pour interroger notre rapport à la mémoire, à la responsabilité historique et à ce que signifie, aujourd’hui, réparer une dépossession.
Mercredi 11.11 16:00 LEDOUX Cart
BAFF 2026
Panorama international
Restored
Sous les masques : Restored
Conférences, introductions, ateliers…
Sous les masques
Sous le masque noir
- Paul Haesaerts, Belgique 1958 ⁄ couleur ⁄ 47' ⁄ V: FR ⁄ ST: —
Sous le masque blanc : le film qu’Haesaerts aurait pu faire
- Matthias De Groof, Belgique 2020 ⁄ Maravilha Munto ⁄ couleur ⁄ 9' ⁄ ST: FR
Entre restauration et réappropriation, cette séance interroge le passé : que regardons-nous lorsque nous regardons une œuvre ? Qui parle, qui est regardé, et qui a le pouvoir de raconter l’histoire ? En 1958, Paul Haesaerts filme les objets d’art du Congo belge dans Sous le masque noir. Peintre, critique et historien d’art devenu cinéaste, Haesaerts est alors l’une des grandes figures du film sur l’art en Belgique. S’il filme les oeuvres avec une attention remarquable aux formes, aux matières et aux gestes, son regard reste pourtant celui de son époque, traversé par les représentations coloniales. Les objets sont montrés, commentés, interprétés, sans jamais pouvoir prendre la parole. Plus de soixante ans plus tard, Matthias De Groof retourne ce dispositif avec Sous le masque blanc : le film qu’Haesaerts aurait pu faire. À partir des images originales, il imagine un contrechamp radical : les masques congolais deviennent des sujets et s’adressent directement au public en lingala, à travers les mots d’Aimé Césaire dans Discours sur le colonialisme, portés par la voix de la poétesse et slameuse Maravilha Munto.
La séance sera suivie d’un entretien entre Matthias De Groof (réalisateur) et Véronique Clette-Gakuba (chercheuse au centre de recherche Metices (ULB) sur les thématiques de la colonialité et de la post-colonialité dans l’art et la culture).
+ INVITÉ
Mercredi 11.11 18:00 LEDOUX Cart
Our Story
Barbara Hammer: A Queer Archive of the Self : Our Story
Conférences, introductions, ateliers…
BAFF 2026
Panorama international
Barbara Forever
- Brydie O’Connor, USA 2026 ⁄ couleur ⁄ 102' ⁄ ST: FR
Avec Barbara Forever, la réalisatrice Brydie O’Connor se lance un défi de taille : raconter la vie et le parcours de l’iconique cinéaste lesbienne Barbara Hammer. Au début des années 1970, à l’âge de 27 ans, Barbara Hammer décide de filmer sa vie. Son corps, ses amantes, ses désirs, ses colères, ses joies : tout devient matière à cinéma. À une époque où les récits lesbiens restent largement invisibilisés, elle invente une œuvre solaire où l’intime devient un espace d’expérimentation et d’affirmation. Barbara Forever prolonge ce geste en puisant dans plusieurs décennies d’images et d’enregistrements. La voix de la cinéaste accompagne les images qu’elle a créées, tandis que Florrie Burke, sa compagne des dernières années, revient sur leur histoire.
Séance présentée en français par ladestructiondesespacesvides.
+ INTRO
Mercredi 11.11 20:00 LEDOUX Cart
Our Story
Barbara Hammer: A Queer Archive of the Self : Our Story
BAFF 2026
Panorama international
Conférences, introductions, ateliers…
Tender Fictions
- Barbara Hammer, USA 1995 ⁄ couleur ⁄ 58' ⁄ ST: FR
Autoportrait de Barbara Hammer, pionnière du cinéma lesbien expérimental, qui n’a cessé de questionner la manière dont une vie peut être racontée, conservée et transmise. Avec Tender Fictions, Barbara Hammer compose une autobiographie à son image, à la fois libre et insaisissable. Textes, images Super 8, archives personnelles, témoignages, extraits détournés et fragments imaginaires se mêlent dans un grand collage où la cinéaste enquête sur sa propre vie autant qu’elle la réinvente. Avec un humour constant et une inventivité formelle jubilatoire, Barbara Hammer brouille les frontières et fabrique sous nos yeux un film où chaque image peut être tour à tour archive, souvenir ou fiction.
Séance présentée en français par ladestructiondesespacesvides.
+ INTRO
Jeudi 12.11 21:00 LEDOUX Cart
BAFF 2026
Panorama international
Germaine Acogny, L’essence de la danse
- Greta-Marie Becker, Allemagne, France, Sénégal 2025 ⁄ couleur ⁄ 88' ⁄ V: FR ⁄ ST: —
Entre transmission et résistance, Germaine Acogny continue de faire danser les corps tout en défendant le lieu où elle a choisi de transmettre son art. Née au Bénin en 1944 et élevée au Sénégal, Germaine Acogny construit depuis cinquante ans une danse contemporaine africaine qui a profondément changé les représentations du corps noir sur les scènes internationales. Sa technique puise dans les danses ouest-africaines et dans les mouvements inspirés des animaux et des plantes. Le film fait des allers-retours entre le passé — sa rencontre avec Léopold Sédar Senghor, Maurice Béjart, ses créations — et le présent, celui de l’École des Sables qu’elle a fondée à Toubab Dialaw, où elle continue de transmettre son art aux danseur·euses venu·es du monde entier. Mais un avenir hostile se profile : face à l’école, les pelleteuses éventrent aujourd’hui la lagune pour construire un immense port à conteneurs. À plus de 80 ans, Germaine Acogny est encore prête à se battre.
Samedi 14.11 20:00 LEDOUX Cart
BAFF 2026
Panorama international
Les Cahiers Adjani
- Cyril Brody, France 2025 ⁄ couleur ⁄ 86' ⁄ ST: EN
Jusqu’où peut mener une passion pour Isabelle Adjani ? Journal filmé d’un collectionneur singulier. Depuis quarante ans, Cyril Brody collectionne tout ce qui concerne l’actrice française Isabelle Adjani : couvertures de magazines, interviews, photographies, le tout soigneusement découpé et collé dans de grands cahiers. Alors qu’il en est au 42e volume, il décide enfin de comprendre pourquoi. Vêtu de sa combinaison blanche d’explorateur, il plonge dans ses archives, rencontre d’autres adeptes de la collecte et transforme son étrange passion en véritable enquête. Car Adjani n’est ici qu’un prétexte et cette collection, le refuge d’une enfance, un écran protecteur, une manière détournée de raconter une identité longtemps dissimulée. Entre les cahiers minutieusement classés, les collections improbables de son entourage et les situations absurdes qu’il provoque avec une grande autodérision, Cyril Brody compose un portrait drôle et profond de nos attachements secrets.
En présence de Cyril Brody.
+ INVITÉ
Dimanche 15.11 16:00 LEDOUX Cart
BAFF 2026
Panorama international
Merci d’être venu
- Alain Cavalier, France 2026 ⁄ couleur ⁄ 82' ⁄ V: FR ⁄ ST: —
Le geste d’adieu d’Alain Cavalier porté par une conviction qui n’a jamais cessé de l’animer : filmer pour vivre, et vivre pour filmer. À 94 ans, Alain Cavalier poursuit le geste qui traverse toute son œuvre : filmer le quotidien avant qu’il ne disparaisse. Une conversation, une promenade, un repas, un visage aimé, une pensée qui surgit… Rien ne semble trop petit pour devenir cinéma. Traversant près de quinze années de vie, Merci d’être venu compose un journal libre où les jours s’enchaînent sans autre logique que celle du temps qui passe. Peu à peu, les instants les plus ordinaires prennent une profondeur inattendue, tandis que les absences, la vieillesse et la mort s’invitent discrètement dans le cadre. Sans nostalgie ni solennité, Alain Cavalier signe un dernier film émouvant et prend ainsi congé avec grâce et une infinie douceur. Merci à vous, monsieur !