RENDEZ-VOUS
Restored
Depuis 1938, CINEMATEK conserve l’une des collections de films les plus importantes et éclectiques au monde, rassemblant des oeuvres de fictions, du cinéma d'auteur ou expérimental, des documentaires, des films à cartactère historique, social ou scientifique.
Afin de sauvegarder au mieux cette collection et de la rendre accessible, CINEMATEK a créé en 2012 le DIGILAB, se spécialisant dans la numérisation et la restauration et s’adaptant ainsi au passage de l’analogique au numérique. Depuis lors, CINEMATEK scanne et préserve numériquement des éléments fragiles, leur redonne leur éclat d’origine afin de transmettre cette mémoire aux générations futures. Nous avons souhaité rendre visible le travail de restauration réalisé par nos collègues d’ici ou d’ailleurs, en programmant ce nouveau rendez-vous RESTORED.
septembre : PORTRAIT DU PEINTRE DANS SON ATELIER
Cet automne, le Musée Juif de Belgique invite les institutions situées dans son environnement immédiat à accueillir un tableau du peintre belge Arié Mandelbaum, dont il préserve une quarantaine d’œuvres. CINEMATEK participe à ce projet intitulé Atelier ouvert – Autour de l’œuvre d’Arié Mandelbaum (du 27.09 au 06.12), en accrochant dans le foyer l’œuvre du peintre Autportrait jaune (2005), et organise le 27.09 une projection du très beau film de Boris Lehman, Portrait du peintre dans son atelier, récemment restauré.
Cinéaste inclassable dans le paysage du cinéma belge indépendant Boris Lehman a réalisé, produit et diffusé tous ses films de façon artisanale depuis 45 ans, totalisant environ 400 films, courts et longs, documentaires et fictions, essais et expérimentations, journaux, autobiographies.
Il réalise en 1985 un premier portrait de Arié Mandelbaum, talent de la peinture belge, pédagogue par sa longue carrière en tant que professeur et directeur à l’académie d’Uccle et père de l’artiste Stéphane Mandelbaum, disparu très jeune de manière dramatique. Mais tout cela n’est pas expliqué dans le film, Lehman contournant le stéréotype du « film sur l’art » ancré dans le cinéma belge, faisant le choix de ne donner aucune explication ni biographie : « S’enfermer avec Arié, avec la solitude de l’artiste est peut-être la seule manière d’essayer d’entrer dans sa peinture. […] Du peintre, on saura juste le nom, quelques gestes, quelques paroles, peu de chose, presque rien. »
octobre : El desencanto
Depuis 5 ans, l’Instituto Cervantes fait rayonner le patrimoine cinématographique espagnol en proposant chaque année un titre particulier pour le 6 octobre, la Journée du Cinéma Espagnol (Día del Cine Español), une initiative visant à célébrer et reconnaître la richesse patrimoniale, culturelle et sociale du 7e art national. Cette année le choix s’est arrêté sur le documentaire réalisé par le cinéaste madrilène Jaime Chávarri en 1976, El desencanto.
De la génération des cinéastes Iván Zulueta, Víctor Erice ou Carlos Saura, Chávarri dépeint dans son film la décadence, les secrets et la chute de la famille du « poète officiel » du franquisme, Leopoldo Panero, en pleine reconstruction de l’Espagne de la Transición. Basé sur les témoignages de la veuve, Felicidad Blanc, et de ses trois fils, Juan Luis, Leopoldo María et Moisés « Michi », l’œuvre a eu un impact retentissant dès sa sortie. Produit par Elías Querejeta, ce film constitue un travail ethnographique et psychologique audacieux sur les blessures cachées de la bourgeoisie intellectuelle de l’époque, une œuvre qui met à nu l’hypocrisie d’une société qui commençait à se fissurer.
octobre: LE MAÎTRE DE MUSIQUE
En 1988, Gérard Corbiau a écrit avec Le Maître de musique un nouveau chapitre dans l’histoire du cinéma belge francophone : non seulement il a réconcilié le public belge avec son cinéma, mais il a également conquis une audience internationale, faisant route jusqu’à Hollywood, où son film a été nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère.
CINEMATEK a eu l’honneur et le plaisir d’effectuer la restauration de ce film emblématique, dans lequel Gérard Corbiau retrouve le chanteur belge José van Dam, qui interprète magistralement un chanteur d’opéra qui décide de transmettre sa musique à la nouvelle génération. Il aura fallu cinq ans au réalisateur de la RTBF pour mener à bien ce projet, auquel presque personne ne croyait. Devenu un exemple de nouveaux systèmes de financement et d’accords, Le Maître de musique a rempli les salles de milliers de spectateurs en Belgique. Grâce à son retentissement international, le film a marqué un tournant dans l’histoire du cinéma belge.
Une exposition en ligne des archives de travail inédites de Le Maître de musique est accessible sur notre site, pour une (re)découverte en profondeur de ce film emblématique.
novembre : SOUS LES MASQUES
Le rendez-vous de novembre, en collaboration avec le BAFF - Brussels Art Film Festival, propose une relecture contemporaine du film du cinéaste belge Paul Haesaerts, Sous le masque noir.
Paul Haesaerts (1901-1974) était à la fois peintre, critique et historien d’art. À partir de 1948, il se tourne vers le cinéma grâce à sa collaboration avec Henri Storck. Com-mence alors une importante carrière de cinéaste, principalement consacrée au film sur l’art, domaine dans lequel la Belgique occupe, aux côtés de l’Italie et de la France, une place de premier plan. Haesaerts s’attache particulièrement à l’art belge, comme en témoignent Quatre peintres belges au travail et Masques et visages de James Ensor. Dans les années 1950 la production cinématographique belge est marquée par le documentaire colonial et le film ethnographique. C’est au croisement de ces différentes traditions que Paul Haesaerts réalise, en 1958, Sous le masque noir.
Malgré ses qualités formelles, le film reproduit les clichés typiques de la propagande colonialiste de cette période. Nous le présentons accompagné du film Sous le masque blanc : le film qu’Haesaerts aurait pu faire du réalisateur et chercheur belge Matthias De Groof qui étudie la théorie postcoloniale et le cinéma belge. Reprenant les images d’Haesaerts, De Groof met en scène les masques congolais qui prennent la parole pour la première fois, passant du statut d’objets à celui de sujets. Et les mots qu’ils adressent directement au public en lingala sont ceux du Discours sur le colonialisme (1955) du poète martiniquais Aimé Césaire portés par la voix de la poétesse et slameuse Maravilha Munto. Tel un dispositif en négatif, le film propose une critique post-coloniale du regard occidental sur l’art africain.
novembre : MIRAGE
En collaboration avec CINEMAMED – Festival du cinéma méditerranéen de Bruxelles –, RESTORED présente en novembre le premier long métrage d’Ahmed Bouanani, figure pionnière du cinéma marocain.
« Un homme découvre de l’argent dans un sac de farine. C’est le début de la fable. Une fable qui se situe entre hier et demain, entre le silence et le cri, et qui s’achève, brutale, comme une désillusion. »
Ces mots sont ceux de Ahmed Bouanani, poète et réalisateur de cet unique long métrage, Mirage, bien qu’auteur de nombreux courts et monteur au sein du Centre cinématographique marocain. Mirage constitue un jalon important de l’histoire du cinéma national. À la fois raconté et chanté, le film s’appuie sur la littérature et les traditions orales du Maroc pour déployer une fable historique, sans dissimuler pour autant sa colère à l’égard de la réalité quotidienne des années 1970 au moment de l’écriture du scénario.
Cette restauration constitue la première œuvre africaine et arabe à être intégralement restaurée par la Cinémathèque marocaine, sans collaboration avec d’autres institutions, et fut présentée à la Berlinale Classics en 2026.
Dimanche 27.09 17:30 LEDOUX Cart
Restored
Portrait du peintre dans son atelier : Restored
Conférences, introductions, ateliers…
Portrait of the Painter in his Studio
Portrait du peintre dans son atelier
- Boris Lehman, Belgique 1985 ⁄ Boris Lehman ⁄ couleur ⁄ 40' ⁄ ST: NL
“Le film est la rencontre – cinématographique – de deux regards (celui du peintre Arié Mandelbaum et du cinéaste Boris Lehman) avec une voix : celle de la cantatrice Esther Lamandier (qui porte le même nom qu’Arié : Mandelbaum signifie I’amandier). Cette triple rencontre de la musique, de la peinture et du cinéma se réalise dans le quotidien d’un lieu unique: l’atelier du peintre. » – Boris Lehman
Séance organisée dans le cadre de la Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Suivi d’une conversation en français entre Boris Lehman et Arié Mandelbaum, modérée par Bruno Benvindo, directeur des expositions au Musée Juif de Belgique.
+ INVITÉ
Mardi 06.10 19:00 LEDOUX Cart
Restored
El desencanto : Restored
Conférences, introductions, ateliers…
El desencanto
- Jaime Chávarri, Espagne 1976 ⁄ Felicidad Blanc, Juan Luis Panero, Leopoldo María Panero, Michi Panero ⁄ NB ⁄ 97' ⁄ ST: FR
Tourné en noir et blanc dans l’intimité de la famille et des cercles sociaux du poète Leopoldo Panero, ce documentaire a ouvert un espace de méditation sur le poids de la dictature et sur les familles bourgeoises du franquisme, marquées par des patriarcats flous et autoritaires, la resistance silencieuse des femmes et la lutte des enfants pour faire face. Conversation continue et ouverte avec ses quatre personnages, ce film a constitué un véritable catalyseur pour le cinéma espagnol de la Transición.
Suivi d’une rencontre en français avec le cinéaste José Luis Peñafuerte.
+ INVITÉ
Jeudi 08.10 19:00 LEDOUX Cart
Restored
Le Maître de musique : Restored
Gérard Corbiau
Conférences, introductions, ateliers…
Le Maître de musique
- Gérard Corbiau, Belgique, France 1988 ⁄ José Van Dam, Anne Roussel, Philippe Volter ⁄ couleur ⁄ 95' ⁄ ST: FR - NL
Gérard Corbiau retrouve José van Dam (1940-2026), dont il avait fait le portrait début des années 1980 pour la RTBF. Le baryton-basse belge y interprète magistralement un chanteur d’opéra qui annonce sa retraite, afin de transmettre sa musique à la nouvelle génération. Avec la musique classique comme protagoniste principal, ce premier film de fiction produit par la chaîne publique francophone a ouvert, par son éclatant retentissement international, une nouvelle page dans l’histoire du cinéma belge.
Également projetée à Bozar le 3.10, en présence de Gérard Corbiau.
Mercredi 11.11 16:00 LEDOUX Cart
Restored
Sous les masques : Restored
Conférences, introductions, ateliers…
Sous les masques
Sous le masque noir
- Paul Haesaerts, Belgique 1958 ⁄ couleur ⁄ 47' ⁄ V: FR ⁄ ST: —
Sous le masque blanc : le film qu’Haesaerts aurait pu faire
- Matthias De Groof, Belgique 2020 ⁄ Maravilha Munto ⁄ couleur ⁄ 9' ⁄ ST: FR
La séance présente le film original de Paul Haesaerts de 1958 Sous le masque noir et son remontage en 2020 par Matthias De Groof, Sous le masque blanc : le film qu’Haesaerts aurait pu faire, dans lequel les objets d’art congolais prennent, pour la première fois, la parole en lingala à travers des extraits du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire.
La séance sera suivie d’un entretien entre Matthias De Groof (réalisateur) et Véronique Clette-Gakuba (chercheuse au centre de recherche Metices (ULB) sur les thématiques de la colonialité et de la post-colonialité dans l’art et la culture).
+ INVITÉ
Samedi 28.11 19:00 LEDOUX Cart
Restored
Mirage : Restored
Conférences, introductions, ateliers…
Mirage
Assarab
- Ahmed Bouanani, Maroc 1980 ⁄ Mohamed El Habachi, Mohamed Saïd Afifi, Fatima Regragui ⁄ NB ⁄ 100' ⁄ ST: FR
1947 au Maroc où, sous le protectorat colonial français, les autorités locales distribuent des sacs de farine aux plus pauvres. Un villageois trouve une liasse de billets dans un de ces sacs et convainc sa femme de quitter son travail et de partir avec lui en ville. Cherchant à changer cet argent, mais craignant de se rendre à la banque, il erre dans les rues de Salé à la recherche d’un changeur, croisant nombreuses autres personnes qui aspirent elles aussi à une vie meilleure.
Séance précédée d’une introduction en français.
+ INTRO