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Lionel Rogosin

Après des études de chimie à Yale, Lionel Rogosin devient ingénieur et s’engage dans la Marine durant la Deuxième Guerre mondiale. Il en revient ébranlé par les horreurs du front et décide de quitter son poste dans l’entreprise familiale pour se consacrer à dénoncer les injustices à travers le cinéma.

Marqué à la fois par L’Homme d’Aran de Flaherty et par le néoréalisme italien, il ambitionne de réaliser un film sur le régime de l’Apartheid. Soucieux de s’exercer à développer une méthode, il conçoit son premier film, On the Bowery, qui sera primé à Venise. Son style se caractérise par l’immersion dans un milieu et des scènes rejouées par des amateur·rice·s, la fiction devant donner accès au réel. Sa pratique, alors presque inédite dans le cinéma américain est repérée par Jonas Mekas avec qui il participe à l’émergence du New American Cinema Group.

Fort de cette expérience, il réalise Come Back, Africa, œuvre coup de poing tournée clandestinement dans un township d’Afrique du Sud. Relatant la vie d’une famille victime de la ségrégation raciale, le film révèle aussi la chanteuse Miriam Makeba, que Rogosin aidera à l’exil. Malgré son retentissement, le film ne trouve pas d’écran. Rogosin décide alors de rouvrir une salle de Manhattan vide pour créer le Bleecker Street Cinema, qui devient un lieu mythique du cinéma d’essai et de répertoire.

Il s’approche d’une pratique expérimentale pour dénoncer la Guerre du Vietnam dans son unique long métrage de la décennie 1960, Good Times, Wonderful Times. Aucun distributeur n’étant intéressé, Lionel Rogosin fonde en 1965 Impact Films, pour le diffuser aux côtés d’autres films militants de l’époque.

À l’aube des années 1970, Lionel Rogosin consacre trois films au racisme aux États-Unis, à travers les musicien·ne·s dans Black Roots, le délicat sujet des couples mixtes dans Black Fantasy où se reconnait l’influence formelle du cinéma underground newyorkais, et les conditions de travail des bûcherons de l’Alabama dans Woodcutters of the Deep South.

Enfin, il immortalise dans Arab-Israeli Dialogue la rencontre qu’il organise dans son cinéma entre l’artiste et écrivain israélien Amos Kenan et le poète palestinien Rashid Hussein. Lionel Rogosin a toujours associé son combat contre l’injustice à une démarche autoréflexive, se mettant en scène parmi ses personnages, jusqu’à clôturer sa carrière en ouvrant un débat auquel il est intimement lié.

« Probably the greatest documentary filmmaker of all time. » (John Cassavetes)

Cette rétrospective est rendue possible grâce à la collaboration de Milestone Films, qui a restauré avec la Cinémathèque de Bologne l’entièreté des films de Lionel Rogosin, ainsi qu’à l’enthousiasme de Michael Rogosin. Le travail qu’il a mené sur les traces de son père a abouti à la réalisation, au fil des restaurations, d’un documentaire pour chacun des films projetés et du film-fleuve You Never Know qui sera présenté en avant-première le 28.11. Le programme est complété par une exposition de documents, photographies et images filmées inédites issus des archives personnelles du cinéaste et mis à disposition par son fils.


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Jeudi 17.09 19:00 LEDOUX Cart

On the Bowery, grand prix du documentaire au festival de Venise 1956 – le premier film états-unien à gagner ce prix – explore la grande artère de Manhattan dans sa partie la plus démunie. On y voit la vie quotidienne de quelques personnes au long d’une journée. Une forme de téléscopage qui cherche à ouvrir une autre voie vers la réalité. En avant programme, un court témoignage de Martin Scorsese en hommage au réalisateur.

Suivi d’une rencontre en français et en anglais entre le fils du réalisateur, Michael Ariel Rogosin, et le critique de cinéma Patrick Leboutte (INSAS).

 + INVITÉ 

Vendredi 18.09 18:00 PLATEAU Cart
Lundi 21.09 18:00 PLATEAU Cart

Michael Rogosin se découvre documentariste à l’occasion de la restauration du premier film de son père. Un retour sur les lieux du tournage et une exploration à travers archives et interviews des circonstances de ce film fondateur du nouveau documentaire américain.

Mercredi 23.09 20:15 PLATEAU Cart
Vendredi 25.09 18:00 PLATEAU Cart

Fuir ! est une commande des Nations Unies dans laquelle Lionel Rogosin suit les Hongrois·es réfugié·e·s en Autriche suite à l’insurrection de Budapest. The Quiet One révolutionne le style du documentaire américain par son approche de cinéma-vérité et peut être considéré comme le grand prédécesseur de On the Bowery.

Lundi 28.09 19:00 LEDOUX Cart

Réalisé à Londres en montant en contraste rares images de guerre et celles d’un cocktail mondain, Rogosin réalise un cri anti-guerre, un message pacifiste retentissant alors que les USA s’engagent dans la guerre au Vietnam. Son fils nous livre l’histoire de ce film, avec entre autres une interview du philosophe Bertrand Russel.

Jeudi 01.10 18:00 PLATEAU Cart
Mardi 06.10 20:45 PLATEAU Cart

Pour se distraire des difficultés rencontrées à montrer Good Times, Wonderful Times, Rogosin s’essaye à la comédie avec plus ou moins de succès. Le documentaire traitant de cette expérience nous fait découvrir une autre facette du réalisateur.

Vendredi 02.10 18:30 LEDOUX Cart

Après avoir éprouvé sa méthode dans On the Bowery, Lionel Rogosin réalise enfin son grand projet, celui de dénoncer l’Apartheid en cours en Afrique du Sud. Il s’infiltre ainsi clandestinement dans un township et y suit la vie d’une famille. Son fils Michael retrouve les protagonistes de cette histoire remarquable et nous la relate dans An American in Sophiatown.

Mercredi 14.10 21:15 LEDOUX Cart

Après avoir filmé à l’étranger dans les années 1960, Lionel Rogosin revient aux États-Unis afin d’y dénoncer les inégalités raciales. Ce film réussit à capter avec une grande proximité le témoignage de musicien·ne·s prominent·e·s et les difficultés rencontrés à cause de la couleur de leur peau. Précédé d’un making-off sur le film.

Jeudi 19.11 19:00 LEDOUX Cart

Lionel Rogosin part dans Woodcutters of the Deep South à la rencontre de bûcherons du Sud, pauvres petits indépendants travaillant pour une usine de papier, et qui finissent par s’unir au-delà des clivages de race pour réclamer des conditions de travail décentes. Son fils dresse 40 ans plus tard le dur constat d’une époque où les initiatives progressistes de ce type furent consciemment détruites par les services de renseignement américains.

Dimanche 22.11 21:15 LEDOUX Cart

Entièrement tourné à Manhattan, le film illustre le monologue improvisé par Jim Collier, un des protagonistes de Black Roots. Il y aborde le racisme ressenti pour la raison qu’ il est marié à une femme blanche. Le récit de Rogosin réussi de main de maître à tirer profit des innovations formelles du cinéma expérimental des années 1960. Précédé du documentaire sur le film Toeing the Line.

Mercredi 25.11 19:00 LEDOUX Cart

Alors qu’il a pendant longtemps projeté de faire un long métrage sur la cohabitation pacifique des juifs et des arabes à travers l’histoire appelé "Les sémites", Lionel Rogosin enregistre la rencontre entre l’artiste et écrivain Amos Kenan et le grand poète palestinien Rashed Hussein. Suivi de deux tentatives, l’une filmée par Lionel Rogosin en 1990 et montée par son fils et l’autre filmée par ce dernier de replacer ce moment dans l’histoire du conflit.

Suivi d’une rencontre en français et en anglais entre le fils du réalisateur, Michael Ariel Rogosin, et le cinéaste Michel Khleifi.

 + INVITÉ 

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Samedi 28.11 10:00 PLATEAU Cart

Lionel Rogosin
Conférences, introductions, ateliers…

You Never Know
  • Michael Ariel Rogosin, USA 2019 ⁄ couleur ⁄ 774' ⁄ ST: FR

Une traversée exceptionnelle de l’histoire turbulente des États-Unis au 20e siècle à partir de l’histoire de Lionel Rogosin. De l’exil d’un grand-père juif religieux depuis les pays baltes à la fin du 19e siècle, à la construction par le père d’un empire industriel, dont le fils se distancie pour s’engager politiquement à travers son cinéma. Un voyage en dix chapitres auquel nous vous invitons. Plusieurs pauses seront prévues.

Avant-première