RENDEZ-VOUS

OUR STORY X Cinéfiltres
Strange Natures

Strange Natures : An ecoqueer film program

Les écologies queers ont l’ambition d’appréhender l’environnement depuis une perspective queer, et vice-versa, d’approcher le queer depuis une perspective environnementale. Elles perçoivent une continuité entre les systèmes qui oppriment et exploitent les humains, et ceux qui oppriment et exploitent les non humains (flores, faunes, minéraux, eaux, etc.). Elles suggèrent une nouvelle fluidité, une nouvelle horizontalité, dans la façon de concevoir notre lien au monde naturel. La connexion entre le queer et l’environnement est d’autant plus sensible pour les personnes LGBTQIA+ que celles-ci ont longtemps été, et sont encore, considérées comme contre-nature – une « nature » dont la prétendue pureté est souvent défendue et exaltée par celleux-là mêmes qui la détruisent. En guise de réponse, les pensées et pratiques écoqueers rejettent les catégorisations binaires et cet ordre supposément naturel qui régirait le vivant.

Avec le court métrage L’Hippocampe, ou « Cheval marin », c’est la binarité sexuelle de la nature qui est déroutée par l’observation d’une créature particulièrement fluide. La nature est « étrange » aussi dans l’univers de Flores, dont les images violettes nous confrontent poétiquement à une invasion d’hortensias apocalyptique. Mais le dérèglement des écosystèmes n’est qu’une des conséquences d’un monde blessé par les violences patriarcales, coloniales et capitalistes. D’autres violences les prolongent : l’exploitation et la captivité animales, dont Estereotipia révèle les effets sur les corps, ou encore l’annihilation des espèces « ennemies » dénoncée dans A Mordida, un récit d’extermination de moustiques d’où surgit une histoire d’amour.

Les pensées écoqueers invitent à s’extraire des prismes occidentalo-centrés et à observer en dehors de leurs sillons. Dans le documentaire Sur le fil du Zénith, Natyvel Pontalier se reconnecte d’un même geste à sa lignée et aux plantes, à partir des fragments de sa culture qui ont résisté à la colonisation et à la christianisation. Dans Uýra, le·a drag queer indigène et activiste écologiste brésilien·ne, en partageant la fusion de ses pratiques spirituelles, artistiques, thérapeutiques et militantes, propose d’habiter le monde autrement.

Les écologies queers visitent aussi bien les refuges que les paysages dévastés, et cherchent à envisager à quels endroits ceux-ci dialoguent ou coexistent. Dans Haru, the Island of the Solitary, Tove Jansson et sa compagne vivent au creux de leur île finlandaise et de ses mouvements. Silkwood voit l’activiste Karen Silkwood s’insurger contre les dégradations imposées à son environnement et à son corps par l’usine de traitement nucléaire où elle travaille. Et puis dans The Garden, voici le jardin choyé de Derek Jarman, voisin de la centrale de Dungeness : un espace hybride qui accueille la mémoire des ami·e·s enlevé·e·s dans l’indifférence générale par le sida, mais aussi les peurs d’un artiste qui se sait lui-même mourant. Beautiful People de David Wojnarowicz se fait pareillement archive d’un trauma et d’une colère au temps du VIH/sida. Derrière son apparente légèreté, le film défie les politiques criminelles du reaganisme sur les corps queers, malades. Enfin, dans Ø Ilha, les peaux sont des paysages, marquées elles aussi par les dynamiques d’oppression et de résistance.





En collaboration avec


Avec l’aide financière de

image
Samedi 17.08 19:00 LEDOUX Cart

OUR STORY X Cinéfiltres
Strange Natures

Le Mystère Silkwood
Silkwood
  • Mike Nichols, USA 1983 ⁄ Meryl Streep, Kurt Russell, Cher ⁄ couleur ⁄ 130' ⁄ ST: FR - NL

Karen Silkwood, technicienne dans une usine de plutonium et syndicaliste-activiste, découvre plusieurs violations des règles sanitaires et sécuritaires sur son lieu de travail. Basé sur une histoire vraie, le film suit ses tentatives de donner l'alerte et de confronter ses puissants employeurs : le géant énergétique Kerr-McGee. À ce combat se joint Dolly Pelliker, la collègue et colocataire lesbienne de Karen.

Précédé d’une introduction en français.

 + INTRO 

image
Samedi 22.06 13:30 MUSEE Cart

Conférences, introductions, ateliers…
OUR STORY X Cinéfiltres
Strange Natures

Strange Natures : atelier vidéo sur l’autoportrait
  • À partir de 16 ans

Dans le cadre du cycle Strange Natures, Cinéfiltres propose un atelier vidéo sur l’autoportrait avec un smartphone. Entre CINEMATEK et le Parc Royal, nous explorerons l’autoportrait en symbiose avec le vivant. Nous vous proposerons de créer une narration à partir de vous et d’un élément des écosystèmes du parc que vous choisirez, et choierez. Entre réel et fiction, les deux portraits humain et non-humain seront invités à s’entremêler.

Inscription (gratuite) obligatoire via l’adresse cinefiltres.education@gmail.com

image
Mardi 25.06 19:00 LEDOUX Cart

OUR STORY X Cinéfiltres
Strange Natures

Sur le fil du Zénith
  • Natyvel Pontalier, gabon, Belgique 2021 ⁄ couleur ⁄ 55' ⁄ ST: FR - EN

Natyvel Pontalier part en quête initiatique au Gabon, là où la colonisation et la christianisation ont avalé l’histoire de sa famille et de son peuple, le peuple Fang. De Bruxelles à Ebolo, les photos, les témoignages, les rêves et les plantes accompagnent Natyvel et font peu à peu remonter ses racines à la surface. De là se tisse un récit fait de mort·e·s et de vivant·e·s, de religion chrétienne et de spiritualité Fang, de rejet et de communautés.

Suivi d’une conversation en français avec la réalisatrice autour des différents sentiments d’appartenance à sa communauté diasporique, en tant que personne queer initiée à la plante sacrée iboga. Conversation facilitée par Val Maione du collectif Back2SoilBasics.

 + INVITÉ 

image
Jeudi 27.06 19:00 LEDOUX Cart

Avec Beautiful People, David Wojnarowicz filme la journée d’une drag queen (Jesse Hultberg), de son réveil dans un petit appartement new-yorkais à son arrivée au bord d’un lac forestier. Uýra: The Rising Forest documente les « technologies de survie et de soin » mises en œuvre par Uýra Sodoma, drag queer indigène et militant·e écologiste, vivant en périphérie de Manaus. Ces deux films démantèlent, chacun à leur manière et en leur temps, une conception chrétienne et mortifère de la nature : si Beautiful People s’attaque aux politiques de la Moral Majority de Reagan face à l’épidémie du VIH/sida, Uýra dénonce l’écocide et l’ethnocide pratiqués par le régime de Bolsonaro.

Séance précédée d’une introduction en français. Avec l'aimable autorisation d'Electronic Arts Intermix (EAI) et de la fondation David Wojnarowicz, New York.

 + INTRO 

image
Samedi 29.06 17:00 LEDOUX Cart

OUR STORY X Cinéfiltres
Strange Natures

The Little Mermaid
La Petite Sirène
  • John Musker, Ron Clements, USA 1989 ⁄ couleur ⁄ 82' ⁄ V: FR ⁄ ST: —

Ariel, la fille cadette du roi de la mer, rêve de marcher sur la terre ferme et d’explorer le monde des humains. Ce désir s’intensifie lorsqu’elle rencontre Eric, prince bipède qu’elle sauve d’un naufrage. Est-ce qu’un pacte avec la sorcière Ursula – un personnage inspiré par la drag queen Divine – serait la réponse à ses aspirations ? Dans le cadre du cycle Strange Natures, Queer Little Eyes invite son jeune public à venir (re)découvrir ce classique des studios Disney ; un film où il est question d’amour impossible et de transformation des corps ; un conte qui ose espérer la bonne entente entre les mondes sous-marins et ceux des humains.

image
Samedi 29.06 17:15 PLATEAU Cart

OUR STORY X Cinéfiltres
Strange Natures

The Little Mermaid
De kleine zeemeermin
  • John Musker, Ron Clements, USA 1989 ⁄ couleur ⁄ 82' ⁄ V: NL ⁄ ST: —

Ariël, de jongste dochter van de zeekoning, droomt ervan op land te lopen en de mensenwereld te verkennen. Dit verlangen groeit nog wanneer ze Eric ontmoet, een tweevoetige prins die ze van een schipbreuk redt. Zou een pact met de heks Ursula – een personage geïnspireerd op dragqueen Divine! – het antwoord zijn op haar verlangens? In het kader van de cyclus Strange Natures nodigt Queer Little Eyes het jonge publiek uit om dezeDisney-studioklassieker te komen (her)ontdekken. De kleine zeemeermin is een film over onmogelijke liefde en de transformatie van lichamen. Een verhaal dat durft te hopen op een goed begrip tussen de onderwaterwereld en die van de mensen, boven water.

image
Mardi 02.07 19:00 LEDOUX Cart

Sur la minuscule île finlandaise d’Haru, l’autrice Tove Jansson et sa compagne Tuulikki Pietilä passent ving-cinq étés ; un huis-clos en plein air conté par les textes de l'écrivaine et les images Super 8 de Tuulikki. Dans le docu-fiction Flores, deux amis soldats résistent à une invasion d’hortensias sur une île des Açores. Les paysages insulaires tissent avec les protagonistes un rapport écologique particulier : alors qu’Haru se fait terre d’accueil d’une romance lesbienne, la nature de Flores, dystopique mais non moins poétique, se fait l’écho du dérèglement climatique.

image
Jeudi 04.07 19:00 LEDOUX Cart

Cette séance de courts métrages questionne les catégories qui hiérarchisent et aliènent les corps vivants: « humain », « animal », « naturel », « non naturel », « homme », « femme »... En 1934, le film scientifique L’Hippocampe ou Cheval marin provoque un débat sur le renversement des rôles genrés. Avec Estereotipia, Inés Espinosa observe d’un œil implacable l’effet de la captivité sur le corps d’animaux non humains. Ø Ilha embrasse la vulnérabilité des corps qui, dans une société normative, se réinventent en paysages. Un trouple non binaire survit au cœur d’A Mordida, un récit d’anticipation dans lequel les humains mènent une guerre d’extermination contre les moustiques.

image
Mardi 09.07 19:00 LEDOUX Cart

OUR STORY X Cinéfiltres
Strange Natures

The Garden
  • Derek Jarman, UK, RFA - BRD 1990 ⁄ NB + couleur ⁄ 91' ⁄ V: EN ⁄ ST: —

Tourné sur la côte du Kent, à Prospect Cottage, la propriété de Derek Jarman, The Garden présente un récit queer et disjoint de la vie du Christ. Annoncé comme un « voyage sans direction, sans certitude et sans conclusion plaisante », le film se fait l’élégie d’une génération emportée par le sida, ostracisée par la société.

Précédé d’une introduction en français sur Prospect Cottage, le jardin « pharmacopée » de Derek Jarman.

 + INTRO